Catéchisme en ligne pour adultes
Le rédacteur du récit de la création en sept jours (Genèse 1) a structuré son récit de manière à faire coïncider la création du décor puis la création des acteurs. Les trois premiers jours correspondent au décor, les trois suivants aux acteurs, le septième jour étant celui de Dieu1. Le but de l’auteur est de montrer qu’il existe une finalité dans la création et au passage, de justifier la théologie du Sabbat.
Observons comment les trois
premiers jours correspondent en tout point aux trois suivants :
| Jour 1 |
Jour 4 |
| Dieu libère la lumière | Dieu dévoile le soleil et la lune qui porte la lumière aux hommes |
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Jour 2 |
Jour 5 |
| Dieu prépare les eaux et le ciel | Dieu crée les créatures aquatiques et les oiseaux du ciel |
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Jour 3 |
Jour 6 |
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Dieu dispose la terre ferme qui produit la végétation |
Dieu crée les créatures terrestres ainsi que leur nourriture, il crée enfin l’homme. |
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Jour 7 |
| Dieu invente le repos (quelle bonne idée !) |
Certains religieux pensent que la bible enseigne que l’univers s’est fait en six jours bien que cela soit en contradiction avec ce que la science nous révèle. Ceux qui enseignent de telles choses de manière dogmatique font autant de mal à la cause chrétienne que l’inquisition ou les croisades ont pu en faire. Ceux là s’appuie peut-être sur les dix commandements en Exode 20.112. Mais là encore, les traductions sont biaisées par des siècles d’influence d’Aristote sur la pensée judéo-chrétienne3. Pourtant, à bien y regarder, rien dans le texte ne pousse à penser que l’auteur veuille nous faire croire que ces jours correspondent à 24 heures. Les auteurs bibliques eux-mêmes ne pensent pas à interpréter chaque jour comme 24 heures (Psaume 90, 2Pierre 3.8). Certains ont tenté de faire coïncider les six jours avec des périodes géologiques identifiées par les scientifiques. Mais l’explication est un peu tirée par les cheveux. Non, les six jours représentent en réalité la structure du texte, avec un message sur la nature de Dieu : un Dieu tout puissant et ordonné.
Il n’y a rien de nouveau à réfuter une lecture littérale du texte de la Genèse. Les Pères apostoliques (exemple : le Pseudo Barnabé ou plus tard Saint Augustin et Grégoire de Nysse4) ne lisaient plus la Genèse de manière littérale. Augustin parle précisément « d’un récit en six jours pour s’accorder aux limites intellectuelles et imaginatives humaines »5.
L’auteur de notre précieux texte a réalisé une véritable prouesse : il a écrit pour nous le transmettre un texte poétique méticuleusement construit en utilisant les 3 les 7 et les 10 dont le but est premièrement théologique et non scientifique. Par exemple "Dieu dit" apparaît dix fois. Parmi ces dix fois, trois concernent l’homme et sept concernent les autres créatures. Si vous analysez le texte vous verrez apparaître beaucoup d’autres subtilités de ce genre. Cependant bien que ce texte soit d’une haute valeur littéraire, et qu’il ne soit pas à visée scientifique, il est frappant de voir qu’il n’y a aucune incohérence entre les faits (simplifiés) que présente ce texte dans ses grandes lignes et l’histoire de notre planète.
Il faut toujours garder à l’Esprit que l’auteur n’a pas été inspiré par Dieu pour nous donner la séquence scientifiquement exacte de la formation du monde mais pour nous révéler les intentions de l’Être absolu. L’auteur veut montrer que Dieu est un Dieu d’ordre, et qu’il a créé le monde selon un plan, et une finalité : Dieu a préparé le monde pour l’homme sa création ultime.
Avec Genèse 2.3 le septième jour est un jour de repos. Mais Dieu a-t-il besoin de se reposer ? Ce serait mal juger de sa nature qui n’a rien d’humaine. En réalité la clé se trouve dans la bouche de Jésus : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat » (Marc 2 :27). Ce n’est pas Dieu qui a besoin de repos, mais bien l’homme.
Le texte du chapitre 2 va nous montrer que Dieu à donné beaucoup de choses à faire à l’homme car Dieu ne veut pl.us écrire l'histoire tout seul, Il veut l'écrire avec l'homme. L'homme aura donc bien besoin de ce repos. Un repos dont le but est en réalité de garder les yeux fixés sur Dieu et non pas sur les choses à faire. Après ces six jours de révélations, un jour de repos pour l’esprit humain qui est limité et qui ne peut pas connaître tout de la science divine. Ce septième jour est le jour de la contemplation, celui de l’humilité face à Dieu.
Une des théorie de lecture du texte (fantaisiste mais sympathique) dit que ce n’est pas la création qui s’est faite en six jours mais plutôt sa révélation. Ainsi il aurait fallu six étapes à Dieu pour révéler la création à l’auteur du texte qui aurait été si fatigué qu’il lui fait un jour de repos à la fin !
1 D. JACOBY ; « The God who dared, Genesis : from creation to babel » ; Discipleship Publication International, 1997
2 Car en six jours, le SEIGNEUR a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour. C'est pourquoi le SEIGNEUR a béni le jour du sabbat et l'a consacré.
3 pour des détails précis sur les différentes façon de traduire ces versets voir le livre de R. SHALLIS ; « Il faut beaucoup de fois pour être athée, à la recherche de nos origines » ; Editions Farel, 1993 p90-93
4 Grégoire de Nysse ; « traité sur les six jours de la création »
5 cité par J. ARNOULD ; « Dieu, le singe et le big bang, quelques défis lancés aux chrétiens par la science » ; Editions Cerf, 2000