Catéchisme en ligne pour adultes
L'évolution de la vie, et surtout l'évolution des hominidés, sont l'objet de luttes et de combats acharnés entre philosophes, théologiens et scientifiques de tous bords. D'un côté le camp des évolutionnistes, qui ne veulent pas entendre parler d'une théorie de la création pure, de l'autre côté le camp des créationnistes qui, aux seuls sons des syllabes du mot évolution, font un urticaire géant. Bien que risible ce combat conduit beaucoup à faire une grosse erreur : celle de considérer qu'il n'existe que deux camps. Ainsi nombre d'hommes raisonnables qui voudraient croire en Dieu préfèrent se dire athées ou agnostiques en croyant ainsi échapper au créationnisme.
Or il est fort possible d'être croyant, de vouloir mettre en pratique les principes bibliques, tout en considérant la théorie de l'évolution comme scientifiquement valable. Cette théorie a même l’avantage de permettre une bonne compréhension de la raison pour laquelle Dieu a voulu créer. Elle est même très certainement révélatrice des moyens que Dieu utilise pour parvenir à ses desseins. Car la finalité de la création selon le nouveau testament, c’est l’homme nouveau, l’homme né de nouveau, l’homme transformé, l’homme spirituel, l’homme uni à Dieu. En bref l’homo sapiens sapiens est appelé à évoluer encore vers l’homo sapiens spiritualis. La différence majeure avec l’évolution telle qu’elle s’est déroulée jusqu’à maintenant, c’est que cette dernière étape nécessite l’adhésion, la coopération de celui qui est appelé à la franchir. La dernière mutation est donc la plus difficile et peut-être même la plus incertaine !
Que Dieu ait créé la vie ex nihilo ou qu'il l'ait créée selon un schéma évolutioniste, voire d'une autre façon (ce qu’il ne faut pas rejeter, et encore moins condamner, tant les incertitudes sont grandes), il n'en résulte pas moins que Dieu a créé la vie. De la même manière, s’il a utilisé le moyen de l’évolution pour développer la nature, ou si ce n’est pas le cas, il n’en résulte pas moins que Dieu est à l’origine du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. À quoi sert donc ce combat entre évolutionnisme et créationnisme ? Malheureusement il ne sert qu'à troubler le monde vis-à-vis de la question de Dieu. Quand on lit la Bible, il est évident que l'évolution n'est pas un thème majeur. L'origine des espèces n'est discutée que brièvement dans le premier chapitre de la genèse. Ce passage est d'ailleurs sujet à de nombreuses possibilités d’interprétations.
Il faut noter ici, que la théorie de l'évolution, n'est pas réellement une théorie sur l'origine de la vie, mais plus sur la transformation des êtres vivants. La confusion vient certainement du titre du plus célèbre ouvrage de Charles Darwin : « l'origine des espèces ». Darwin ne l'a pas intitulé « l'origine de la vie ». Mais l'emploi du mot origine a semé le trouble dans notre débat depuis plus de deux siècles.
Ceux qui critiquent la théorie de l'évolution en tentant de montrer que la théorie des mutations n'est pas valables emploient des arguments qui effectivement posent question. En effet si des mutations bénéfiques (les plus rares) peuvent apparaître pour permettre à une espèce d'évoluer, elles auront certainement lieu dans des espèces très répandues sur la terre, mais leur probabilité d'apparition dans une population réduite semble quasi nulle. Nous avons vu que le nombre d'individus parmi les insectes est immense sur la terre. Ainsi une mutation bénéfique touchant des moustiques ou des mouches (modèle très prisé des généticiens) sera plus probable qu'une mutation bénéfique touchant un éléphant. Et encore plus que celle touchant un homo erectus dont le nombre d'individus vivant sur terre est beaucoup plus réduit. En lien avec ces critiques, ceux qui contestent la théorie de l'évolution expliquent que si l'on en suit ses grandes lignes, on devrait s'attendre à un changement graduel et lent des espèces. Éventuellement lors de changements climatiques ou de catastrophes naturelles importantes, la vitesse d'évolution pourrait s'accroître. Mais on observe à l'évidence des changements extrêmement rapides quand on considère l'échelle géologique du temps. Le big-bang de l'évolution (c'est comme ça que les biologistes appellent la multiplicatioon subite du nombre d'espèces animales observée à l'ère précambrienne) en est un exemple frappant. Des millions d’espèces sont apparues presque en même temps, découlant les unes des autres en si peu de temps qu'aucune théorie ne peut l’expliquer.
Les critiques de la théorie de l'évolution pensent tenir ici leurs arguments. Cependant, persuadés qu’on ne peut croire en Dieu si on croit à la théorie de l’évolution, ils cherchent coûte que coûte à la détruire. Ils en oublient de défendre leur théorie de la création directe : ils oublient que Dieu est la cause première de tout. Dans l'Ancien Testament on s'aperçoit que Dieu dirige l'histoire. Il utilise des peuples voisins et plus puissants qu'Israël, pour démontrer sa puissance lorsque Israël est menacé, ou au contraire pour rappeler à son peuple qu'il s'est éloigné de lui. De la même manière Dieu est la cause première au niveau physique et biologique. Pour n'importe quel point scientifique, si vous posez la question « pourquoi ? » et qu'à la réponse obtenue vous posez encore la question « pourquoi cette réponse ? », etc., vous retomberez toujours sur … Dieu (ou bien sur une forme de panthéisme comme nous l’avons vu dans un article précédant). De même on peut imaginer facilement, que Dieu dirige l'évolution animale. Pourquoi s'en priver. Les preuves en faveur de l'évolution des espèces au cours du temps sont si nombreuses qu'il est difficile de les réfuter en bloc. Mais il est tout aussi difficile d'éviter Dieu comme cause première de tout.
Comment Dieu a-t-il fait l’homme ? Quels procédés a-t-il utilisé ? Les biologistes scientifiques d’aujourd’hui privilégient la piste de la théorie de l’évolution, mais dont on peut dire que si elle explique d’une manière intellectuellement intéressante comment certains phénomènes dans le passé du vivant ont eu lieu, elle reste cependant très floue, voire insuffisante pour expliquer pourquoi ces phénomènes se sont produits. Certains ont tenté de le faire en se présentant comme des nouveaux penseurs. « Malheureusement, les penseurs avancés sont obsédés par le désir de discréditer les systèmes de valeurs traditionnelles qu'ils considèrent comme obsolètes parce que fondée sur une base religieuse. Ainsi, le défi consiste à remplacer les valeurs traditionnelles par une éthique s'appuyant sur le rationalisme scientifique (...) Ou bien, sur une base évolutionniste (...). Le trait caractéristique de tous ces systèmes est leur fondement matérialiste (parfois caché). (...) Il est déplorable que des préjugés matérialistes aient ébranlé notre système de valeurs traditionnelles pour lui substituer des assertions matérialistes dogmatiques comme c'est le cas chez Monod » selon John Eccles, prix Nobel de médecine, spécialiste de l'évolution du cerveau des hominidés. Contrairement à ce qu’affirment ces nouveaux penseurs, le hasard et la nécessité sont des instruments de Dieu. Ils n’existent pas par eux-mêmes, sinon ils sont dieux. Le hasard est en réalité un mot que nous utilisons quand nous ne maîtrisons rien sur la probabilité d’un évènement. Les probabilités sont pour Dieu l’occasion d’interagir discrètement dans le monde sans que nous nous en apercevions.
Dieu a-t-il réellement pris de la poussière du sol et formé un homme ex nihilo ou a-t-il créé tout une chaîne d’êtres vivants qui ont débouché sur l’apparition de l’homme ? A-t-il réellement pris une côte d’Adam pour faire venir à l’existence Eve ? Cela relève de la parabole mais si vous voulez le croire cela n’est pas interdit. La Bible nous laisse le choix. Ce qui est clairement compréhensible dans la Bible, c’est que tout ce qui est vivant (et non vivant aussi d’ailleurs) a été créé par Dieu. Que ce soit directement ou indirectement, la Cause Première à toute création, c’est Dieu. Les créationnistes qui rejettent toute idée que l’espèce humaine ait pu avoir des ancêtres moins évolués, qu’ils soient primates ou autres mènent un combat acharné en voulant préserver à l’Homme une noblesse qui relève plus de l’orgueil que de la réalité.
On ne peut refuser de façon catégorique le point de vue créationniste. Cependant, les indices que les scientifiques découvrent en scrutant les fossiles et l’organisation des êtres vivants plaident très largement en faveur de l’évolutionnisme. Dieu nous aurait-il laissé de faux indices afin de nous aiguiller sur une mauvaise voie ? Quoi qu’il en soit, que les créationnistes aient raison ou tort dans leur interprétation des textes, est-ce vraiment là que les chrétiens doivent porter tous leurs efforts pour défendre le christianisme ?
Question pour méditer :
- Pensez-vous que les chrétiens évolutionistes sont de moins bons chétiens que les créationistes ? Pensez-vous l'inverse ? Pensez-vous qu'il faille imposer l'un ou l'autre comme un dogme ?
- Si oui avez-vous déjà envisagé que les uns et les autres puissent cohabiter et penser malgré tout qu'il est bon, qu'il est beau pour des frères d'habiter ensemble ? (Psaume 133)
- Ne pensez-vous pas qu'il est plus important de se battre pour aider ceux qui ne connaissent pas Jésus à le connaître vraiment ? Que faites-vous pour cela ? Vous engagez-vous dans des discussions inutiles (Tite 3.9, 2Timothée 2.23-24) ?
- Qu'est ce qui est le plus important : la création du monde ou le salut du monde ?