Catéchisme en ligne pour adultes
Tout le monde connaît ce passage. Il contient une promesse (ou menace) de Jésus qui peut être comprise à deux niveaux :
1- Ne vous en prenez pas aux autres, ne critiquez pas leurs échecs, ne sautez pas sur leurs erreurs sauf si vous avez envie qu'on fasse pareil avec vous.
2- Dieu jugera ceux qui ont jugé, de la même manière, selon leur standard (ce qui pousse à baisser notre propre
standard)
Le message derrière cela c'est que ce qui compte ce n'est pas ce qu'on pense des autres ou ce que les autres pensent de nous, mais ce que Dieu pense !
Que veut dire juger/ne pas juger ?
Jésus ne dit pas « fermez les yeux sur les péchés des autres » :
* dans ce même sermon sur la montagne il dit par exemple :
- de ne pas donner ce qui est sacré aux chiens et aux cochons (c'est à dire à ceux qui ne sont pas digne de l'évangile), ce qui nécessite de juger qui est un « chien » ou un « cochon » !
- de juger les prophètes à leurs fruits (Matthieu 7.16)
* en Matthieu 18 il nous enseigne comment s'occuper du péché dans l'église ce qui implique un jugement à un moment ou un autre.
* en Luc 12.57 Jésus nous explique qu'il faut savoir juger de ce qui est juste,
* en Galates 1.8-9 Paul nous invite à juger toute philosophie ou théorie selon la bonne nouvelle,
* en 1Corinthiens 5.1-5 Paul juge un péché évident dans l'église, et il explique que les corinthiens auraient dû le faire avant lui,
* en Tite 3.10-11 Paul enseigne comment avertir ceux qui causent des dissensions. Il explique que deux avertissements suffisent avant d'exclure le fauteur de trouble.
Nous sommes bien obligés, si nous voulons mettre en pratique ces enseignement, de discerner, analyser, juger. Nous sommes bien obligé d'avoir un standard par lequel nous jugeons les situations.
Jésus nous enseigne ici à ne pas se tromper de jugement. Il réprouve le mauvais jugement. Il nous dit : ne jugez pas selon l'apparence : que votre jugement soit juste ! (Jean 7.24). Jésus réfute les jugements basés sur l'auto-justice ou le sentiment de supériorité (exemple des pharisiens qui jugent Jésus en Luc 16.13-17). Ce qui n'est pas bon , c'est juger dans le sens de condamner, vouer à la réprobation (Jean 8.15-16, Romains 2.1-4). Ce qui est injuste, c'est d'être hypercritique (critique non constructive) ou hypocrite (avoir un standard pour les autres, qu'on ne cherche même pas à atteindre soi-même).
Comment ne pas juger ?
C'est simple : enlever d'abord la poutre dans mon œil. En cherchant à mettre en pratique les béatitudes.
Si je mets en pratique tout ce que Jésus a dit en Matthieu 5 et 6, si je me vide de mon égo, si je reconnais que je suis pécheur (1), si je suis rempli de compassion, si je suis un artisan de paix, si je suis doux, si j'ai faim et soif de justice, si j'ai le cœur pur, si j'aime mes ennemis, si mon œil sait regarder comme Dieu regarde, si je place mon trésor dans le ciel... alors je ne suis plus dans le jugement mais dans l'amour qui se réjouit de la vérité (1Corinthiens 13).
Jésus ne nous enseigne pas à renoncer à enlever les pailles dans les yeux de nos frères. Si l'on arrive à retirer une poutre de notre œil, on saura aider l'autre à retirer une paille du sien. Celui qui pense pouvoir aider les autres sans être passé par là où il veut emmener les autres, est bien présomptueux.
Questions pour méditer :
- Quel genre de critique ai-je tendance à être ? Hypercritique, ou hypocrite ?
- Est-ce que je regarde les autres à travers ce que Dieu pense ou à travers ce que moi je pense ?
- Est-ce que je juge les autres quand il ne savent pas faire ce que que moi je sais faire ?
- Est-ce que je juge selon l'apparence ou est-ce que je creuse derrière ?
- Est-ce que j'aide les autres dans leurs difficultés spirituelles grâce à mon expérience ? ou est-ce que sous prétexte de ne pas juger, je laisse tomber les autres ?
Note
(1) reconnaître qu'on est pécheur n'est pas juste un sentiment confus ou une vague acceptation de culpabilité parce qu'il serait évident que je suis moins
bien que Jésus. Non ! reconnaître qu'on est pécheur c'est savoir identifier nos péchés de manière précise, afin de pouvoir mieux lutter contre : on ne peut lutter contre un ennemi qu'on ne
connaît pas.