Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Catéchisme en ligne pour adultes

Publicité

Sermon sur la montagne : Jour 27 (Matthieu 7.6)

Ne donnez pas ce qui est sacré aux chiens,

Ne jettez pas vos perles aux cochons


Ce passage n'est pas évident à saisir. On peut l'interpréter un peu comme on veut. Par exemple, la Didache (environ 100 après JC) ou Tertullien (au début du IIIe siècle) ont considéré que Jésus parlait du repas du Seigneur, et qu'il fallait réserver le pain et le vin du repas du Seigneur aux chrétiens. Malgré tout le respect que l'on doit aux Père de l'Église, sur ce sujet, ils ont sorti le passage du contexte du sermon sur la montagne à l'intérieur duquel Matthieu a inséré cette parole de Jésus. Si on la remet à la suite de ce qui vient d'être dit juste avant (enlever la poutre avant d'enlever la paille) on en a une meilleure compréhension.


Il s'agit de savoir comment aider les gens à enlever la paille qu'ils ont dans les yeux ! Car Jésus ne nous ordonne pas juste d'enlever la poutre de notre œil et de s'en arrêter là. Il nous commande ensuite d'aller ôter la paille de l'œil de notre frère. Si on attendait d'être parfait pour prêcher, cela fait longtemps que le christianisme serait mort. Le principe établit par Jésus est celui-ci : ne pas perdre notre temps, notre énergie et notre foi à vouloir transmettre la bonne nouvelle du royaume (le royaume est une perle, cf Matthieu 13.45-46) aux gens qui ne veulent pas l'entendre (les chiens et surtout les cochons sont des animaux impurs pour les juifs). Sinon cela se retournera contre nous et ce sera de notre faute : nous serons piétinés ou lacérés (selon les traductions françaises) ; même verbe qu'en Matthieu 5.13, ce qui veut dire que nous ne serons plus le sel de la terre, comme si on se taisait. La persécution doit venir de notre intégrité, pas de notre acharnement à vouloir prêcher à des gens fermés. La seule manière d'aider ceux-là, c'est d'être pour eux une page vivante de l'évangile.


Jésus lui-même a mis en pratique cette parole : il n'a jamais vraiment donné de réponse directe aux personnes qui lui posaient des questions mal intentionnées. Il répond souvent aux pharisiens qui lui posent des questions, par une autre question. Et il n'a pas parlé de ce qui était sacré aux romains (soldats, Pilate). Par contre il a donné des réponses directes aux personnes dont le cœur était ouvert : Nicodème, la femme samaritaine près du puits, les apôtres, Marthe, Marie, la femme cananéenne (Matthieu 15.26). D'ailleurs la rencontre de Jésus avec cette dernière montre bien que Jésus parle du royaume de Dieu et non du pain et du vin (1).

 

L'Eglise des Actes aussi a mis en pratique (Actes 13.46).

 

Soyons sages, mais restons zélés, car cette écriture ne doit pas être une excuse pour ne pas évangéliser (1Corinthiens 9.16).

 

Questions pour méditer :

- Est-ce que je prie pour rencontrer des gens ouverts à l'évangile ?

- Est-ce que je m'acharne à parler de Dieu à des gens qui n'en n'ont rien à faire ?

- Est ce que je sais être avisé comme un serpent et pur comme une colombe (lire Matthieu 10.16) quand je parle de ce qui concerne Dieu ? Ai-je du discernement ?

- Finalement est-ce que je sais être patient (laisser Dieu travailler dans les coeurs durs), ou est-ce que je veux que les gens se convertissent tout de suite ?

 

 


 

Note

(1) Sur cette confusion qui va conduire quelques siècles plus tard à la sacralisation du pain et du vin, nous pourrions nous étendre longuement, ce que nous ferons peut être un jour.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article