Catéchisme en ligne pour adultes
Savoir pardonner est aussi essentiel pour la vie spirituelle que savoir se soigner est essentiel à la vie terrestre. Celui qui ne prend pas soin de lui-même est malade ou blessé, et finit par mourir. Il en est de même pour notre vie spirituelle et relationnelle.
En 1Corinthiens 13.7 Paul nous dit que l'amour pardonne tout. Or Dieu est amour (1Jean 4.8,16) et il est donc prêt à tout pardonner. Si comme nous le disons depuis le début de notre réflexion sur le sermon sur la montagne, la justice dont parle Jésus est avant tout relationnelle, nous devons donc nous aussi, imiter Dieu dans sa façon de pardonner. Le pardon est indissociable de l'imitation du Christ (Ephesiens 4.32, Colossiens 3.13, 1Jean 2.4-6).
Savoir pardonner comme Dieu pardonne, c'est se rapprocher de Dieu. La bible toute entière est l'histoire de Dieu qui pardonne. Mais pas n'importe comment ! L'un des grands passages sur la manière de pardonner se trouve en Matthieu 18.15-35. Ce passage concerne les relations entre chrétiens (« frère » aux versets 15 et 21, celui à qui la dette a été remise au verset 27). Jésus enseigne aux disciples à pardonner aux autres disciples (qui font des efforts pour progresser dans leur ressemblance à leur maître). Même si les choses ne changent pas rapidement. C'est une question de patience : 70 fois 7 fois = 7x10 x 7 = perfection, totalité perfection = patience parfaite ! C'est aussi une question de foi comme le montre le passage parallèle en Luc 17.1-6 où les disciples après l'enseignement de Jésus sur le pardon Lui demandent qu'Il leur augmente la foi.
Pour ce qui concerne les non-chrétiens qui n'ont pas la connaissance de Jésus, qui ne savent pas qu'il est mort pour leurs péchés, notre attitude doit être celle de Jésus sur la croix en Luc 23.34 : Jésus dit : Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. Nous les pardonnons, non pas parce qu'ils sont exempts de correction, mais parce que dans leur cas, seul Dieu peut les juger (1Pierre 2.23) et les jugera (Jean 5.29 pour ne citer qu'une seule écriture sur le jugement). Cela rejoint l'enseignement sur la vengeance. Si pour ce qu'ils font sans le savoir, Dieu peut exhaucer notre prière de les pardonner, il reste toutes les choses qu'ils font contre leur propre conscience et qui les accusent (Romains 2.12).
Dans le Notre Père, nous prions « Pardonne nous, comme nous pardonnons ». C'est effrayant de penser que notre manière de pardonner sera à l'image de la manière dont nous pardonnons. Mais c'est aussi motivant pour apprendre à pardonner. Ainsi dans notre prière, nous devons exprimer à Dieu (qui pardonne) nos blessures relationnelles, sans les ignorer, sans les minimiser, sans les refouler afin de mieux savoir pardonner. Le mot « comme » veut littéralement dire « en proportion ». Ce qui est formidable, c'est que si nous prions cela, sans pardonner les autres, nous prions pour que Dieu ne nous pardonne pas ! Le pardon des autres est donc essentiel pour notre relation avec Dieu. C'est de la façon dont nous pardonnons que nous serons pardonnés ! C'est avec la mesure avec laquelle nous mesurons que nous serons mesurés (Matthieu 7.2). Il est urgent d'apprendre à pardonner.
C'est plus qu'un commandement.
Questions pour méditer et mettre en pratique :
- Y-a-t-il quelqu'un que je refuse de pardonner ? Est-ce que je me sentirais prêt à démontrer à Dieu que mes
raisons sont valables ?
- Y-a-t-il quelqu'un que j'aimerais envoyer moi-même en enfer ? Cette attitude est elle juste ? (Voir Jean 3.17-21)
- Suis-je ouvert et honnête dans ma prière vis à vis de ceux qui me font du mal ? (Voir Actes 4.27-29, Psaumes 73, 88 etc...)
- Ma patience envers ceux qui (selon moi) se trompent est-elle à l'image de celle de Jésus ?
- Comme une
hémorragie est une urgence physique, est-ce que je considère le pardon comme une urgence
sprituelle ?