Catéchisme en ligne pour adultes
Se cacher pour prier permet de se concentrer et de chercher Dieu plus qu'autre chose. La pièce la plus retirée, est celle dans laquelle on sera le moins dérangé et où les distractions seront les moins nombreuses.
Dieu est dans le secret. Pas forcément dans les grandes manifestations, les grandes gestuelles et les grands actes. Dieu sait déjà de quoi nous avons besoin. Et pourtant il est utile de prier : pour la relation, pour la proximité de coeur avec notre Dieu. Le silence méditatif peut-être une prière, un chant peut être une prière, un poème peut être une prière, un psaume aussi. Dieu qui est dans le secret, nous bénira dans le secret. Ce qui lui importe, ce qui lui plaît, c'est notre désir de lui. Une prière est un cadeau fait à Dieu qui est plus enclin à répondre à nos besoins que nous le sommes à prier. Pour autant si Dieu répond aux prières encore faut-il le prier !
Ayant compris cela, multiplier les paroles, rabâcher des prières automatiques devient inutile. Répéter 3 fois par jour la même prière perd de son intéret. Faire le « moulin à prière » comme certains juifs qui à l'époque, à force de répéter les mêmes paroles, pouvaient entrer dans une sorte d'extase, est un leurre. Dieu ne se trouve pas dans les manifestations neurologiques extatiques.
Par contre il est utile de prier en s'inspirant du plan que Jésus
nous donne : le fameux « notre Père ». Cet exemple de prière se concentre sur l'essentiel comme Jésus le demande au versets 7-8 :
- Sanctifier le nom de Dieu : prier pour louer Dieu de manière à préparer notre cœur à la suite de la prière. Cela permet de se concentrer sur « à qui je parle », et
d'avoir de la révérence, du respect pour celui que je prie. Il est bon de commencer sa prière ainsi pour saisir combien nous sommes petits, face au Dieu transcendant, tout puissant, plein d'un
amour immense, que nous prions.
- Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite : La prière ne sert pas
à obtenir de Dieu que notre volonté soit faite ! Elle sert à soumettre notre volonté à celle de
Dieu, comme Jésus en Matthieu 26.36-46.
On peut interpréter cette demande de 2 manières : 1/ que son règne vienne dans mon cœur c'est-à-dire prier pour que je laisse Dieu régner sur ma vie, ou 2/ pour que d'autres cœurs se soumettent à
Dieu c'est-à-dire se repentent ou se convertissent (sur la terre), comme le monde spirituel est soumis à Dieu (comme au ciel).
Le mot « règne » peut aussi être traduit « royaume ». Ce qui implique que nos
coeurs sont comme des provinces du royaume de Dieu. Et il faut gagner de nouvelle
provinces.
Dans les langues sémitiques comme l'hébreux et l'araméen, c'est une coutume littéraire et poétique de dire la même
chose deux fois avec des mots différents pour renforcer l'importance de la phrase. Les proverbes et les psaumes sont des exemples ce ces effets de répétition. Ici nous avons encore cet effet. Ce
qui nous permet de comprendre que le règne de Dieu vient, quand sa volonté est faite 1/dans ma vie 2/dans celle des autres ! Pas seulement quand l'apocalypse arrive.
Par conséquent, si je veux sanctifier le nom de Dieu, je dois faire sa volonté, pas seulement la souhaiter.
La première moitié de la prière se concentre sur Dieu et son royaume. La deuxième partie se concentre sur nos besoins. Dieu est en premier. C'est sa place dans nos prières comme dans nos
vies.
- Donnes-nous aujourd'hui notre pain pour ce jour : prier selon nos besoins chaque jour.
Cela rappelle l'histoire de la manne donnée chaque jour aux hébreux dans le désert pendant l'exode. Prier aujourd'hui pour les besoins d'aujourd'hui. Je prierai demain pour les problèmes de
demain. Car aujourd'hui est un jour unique que Dieu me donne. Je ne le revivrai jamais. Dieu veut que je vive chaque jour avec Lui car Dieu sait déjà ce dont on a besoin (Matthieu 6.32). Ce que Dieu veut, c'est avoir une relation avec nous. Il veut aussi à
travers la prière nous aider à discerner ce qui relève de nos besoins et ce qui relève de nos envies, tendances, habitudes, ou désirs. Il n'est pas rare de constater dans nos pays industrialisés,
que nous n'avons pas besoin de grand chose, d'un point de vue matériel.
Il faut remarquer que Jésus nous demande de prier à la première personne du pluriel. Ce qui implique que nous ne pensions pas qu'à nous-même, mais que nous soyons prêts à partager.
Cette partie de la prière sert aussi à éliminer les inquiétudes (Matthieu 6.25-34). Mais il ne suffit pas
d'attendre que les choses tombent du ciel. Quand on prie pour quelque chose, il faut travailler de manière à ce que Dieu nous le donne (voir les proverbes sur la paresse, méditer aussi
Matthieu 25.24-30)
- Pardonne-nous : pour cela il faut être conscient de nos fautes, erreurs, faiblesses, manquements... Une analyse intérieure (anamnèse) est nécessaire. Surtout quand on
ne sait pas pourquoi demander pardon. C'est un exercice d'humilité devant Dieu qui permet d'être humble devant les autres aussi.
Le mot utilisé ici pour « offence » est opheilema qui
veut dire « dette ». La vraie traduction est donc « remets-nous nos dettes ». En tant que chrétien, Jésus
a payé notre dette à notre place. La prière doit nous permettre de ne jamais oublier cela.
- Ne nous fais pas entrer dans l'épreuve, mais délivre-nous du mauvais
: demander la protection spirituelle de Dieu. Car les occasions de chute sont nombreuses et les pièges pullulent. Les traductions qui utilisent le mot « tentation
» peuvent induire
chez leur lecteur une mauvaise compréhension : comme si Dieu nous tentait. Or Dieu ne tente personne, mais il nous met à l'épreuve pour nous faire grandir, nous faire mûrir, nous rendre parfait
(Lire Jacques 1.12-15 puis 1Corinthiens 10.13 puis 1Pierre 1.6-7). L'épreuve n'a pas pour but de nous faire devenir pécheurs, mais elle a pour
but de nous faire devenir meilleurs.
Il y aurait encore tant à dire sur cette prière si brève et pourtant si complète.
Questions pour méditer et mettre en pratique :
- Est-ce que je répète souvent les mêmes paroles dans mes prières ?
- Est-ce qu j'ai tendance à faire des sermons aux autres quand je prie Dieu en public ?
- Est-ce que mes prières en public sont plus passionnées et plus recherchées que mes prières secrètes ?
- Est-ce que je prends le temps d'être émotionnellement consacré à Dieu quand je prie ? Est-ce que je prends le temps de bien considérer à qui je parle quand je prie ?
- Est-ce que je demande à Dieu de me transformer d'abord ou est-ce que je demande à Dieu de changer les autres ?
- Est-ce que je prie en étant concentré sur mes besoins ou est ce que je remets mes besoins à Dieu pour augmenter ma foi ?
- Suis-je capable de dire à Dieu des péchés que j'ai commis hier ?
- Est-ce que je m'appuie sur la prière pour pardonner, ou est-ce que je cherche à être comme Jésus de mes propres forces ?
- Est-ce que je prie pour être soumis à Dieu ou est-ce que je cherche à soumettre Dieu à mes désirs ?