Catéchisme en ligne pour adultes
La manière de donner compte autant que ce que l'on donne.
Les versions les plus modernes de la bible n'utilisent plus le mot "faire l'aumône" pour désigner le fait de donner au pauvres. En effet ce mot a pris une connotation péjorative en donnant
l'impression que celui qui donne est au dessus de celui qui reçoit. Or précisément il y a dans l'acte de donner la reconnaissance que l'autre est au même niveau c'est à dire en dessous de Dieu.
La Nouvelle Bible Second (NBS) préfère le terme "acte de compassion". L'aumône sonne comme un devoir. La compassion vient du
coeur.
Donner est un acte divin tant que les motifs qui nous poussent à donner restent purs. En effet Dieu donne gratuitement comme un père donne à ses enfants (Matthieu 6.30,32, 7.7-11) afin de
susciter ou entretenir une relation avec nous. Donc le but n'est ni de donner pour soulager sa conscience, ni de donner pour se faire bien voir (comme le font les grandes sociétés qui donnent à
des organismes de charité en grandes pompes). Le but du chrétien, c'est de donner par reconnaissance pour ce que Dieu lui a donné.
La bible fourmille de références au fait de donner. Mais si on analyse la façon de donner des premiers chrétiens dans les Actes des apôtres et les épîtres du nouveau testament, on s'aperçoit
qu'ils donnaient, généreusement, parfois vendaient des maisons ou des champs (Actes 4.36-37) pour aider d'autres chrétiens. Il y avait clairement une "préférence communautaire" (Actes 11.29,
Jacques 2.14-16, Romains 15.25-31, Galates 2.10, 1Corithiens 16.1 et suivants, 2Corinthiens 8 et 9.....). Bien que le communautarisme ne soit pas à la mode il reste néanmoins
biblique.
La veuve en Marc 12.41-44 donne généreusement car elle donne de tout son coeur. Personne ne remarque ce qu'elle donne car cela est insignifiant. Mais Jésus l'a remarqué ! Il est plus sensible au
"petit" don de la veuve qui implique un grand sacrifice, qu'aux gros dons des bienfaiteurs du temple, qui donnent de leur superflu. Dans l'antiquité, les femmes qui devenaient veuves
n'avaient pas de sécurité sociale, d'assurance chômage, ni d'allocations familiales. En perdant leur mari, elles perdaient tout. Les juifs avaient mis en place un système de soutien pour les
veuves et les orphelins. Ce que cette veuve a donné venait certainement du soutien qu'on lui avait déjà donné ! Par reconnaissance en donnant au temple, elle donne à Dieu.
On le voit on peut donner de différentes manières à différentes personnes dans des actes de compassion. Mais en considérant la réaction de Jésus, dont le coeur est touché par le don de la veuve,
la question n'est plus "combien je donne ?", mais plutôt "combien je garde ?".
Questions pour méditer et mettre en pratique :
- Est-ce que mon coeur est enclin à donner ?
- Est-ce que je donne de mon superflu ou est-ce que ce que je donne est un sacrifice ?
- Je ne peux pas donner à tout le monde. Est-ce que je sais à qui donner ?
- Y a-t-il des pauvres autour de moi dans l'église ? Comment puis-je les aider ?
- Quelle est ma motivation quand je donne ?
- Donner devient-il une routine ?