Catéchisme en ligne pour adultes
En Matthieu 6.1-23 Jésus va introduire ce qu'on pourrait appeler des « exercices1 spirituels » : Donner, Prier, Pardonner, Jeuner.
Jésus veut que nous soyons, pas seulement que nous fassions. Si nous sommes justes, nous ne chercherons pas à
paraître juste. Comme nous l'avons déjà dit dans les articles précédents, pour Jésus la justice
c'est la justice dans les relations : relations avec les autres à qui l'on donne sans se détourner (Matthieu 5.42) et à qui l'on pardonne, relation avec Dieu que l'on prie, et de qui on se
rapproche par le jeûne.
A la manière d'un père qui éduque ses enfants, Dieu nous enseigne ici les bonnes manières spirituelles : pas
d'hypocrisie, et de la discrétion religieuse. Il est important de noter que Jésus ne dit pas « si vous donnez, priez, jeûnez... » mais « quand vous donnez, priez, jeûnez... ».
Ce qui ne laisse pas de choix. Le but est donc d'apprendre en agissant, et non d'attendre en apprenant. La vie chrétienne est un apprentissage, pas un cours magistral. Et on
discerne que le véritable exercice spirituel n'est pas tant l'action que le coeur qu'on met dans l'action. Mais sans action, on ne peut y mettre du coeur !
Si l'on reprend Matthieu 5.15, ces « actions religieuses », ne sont pas ce qu'on doit montrer aux hommes
pour briller. Nous brillerons, par ce que la mise en pratique de ces principes va produire en nous. C'est ce que ces actions produisent dans notre cœur qui va nous rendre brillant car ces actions
sont prévues pour nous rapprocher de Dieu et des autres. En faire un objet d'orgueil produit exactement le contraire. Celui qui cherche à se faire bien voir par les hommes cherche sa récompense
sur la terre. Dieu ne lui en donnera pas d'autre.
Nous reviendrons dans le détail sur les 4 « exercices spirituels » dans les articles suivants, mais ce qu'on voit
déjà, c'est que les 23 premiers versets de Matthieu 6 posent la question de la récompense dans la vie spirituelle.
Matthieu 6.4, 6, 18, 22-23 parlent de récompenses. Si l'on en croit Jésus ces récompenses sont comme des trésors que nous pouvons accumuler dans le ciel et que nous retrouverons lorsque nous
rencontrerons Dieu en face. Il y a d'autres passages encore qui parlent de récompenses dans le Nouveau Testament : Matthieu 5.12, 10.42, 25.14-30 parabole des talents, 25.31-46 parabole du
jugement... pour ne citer que Matthieu.
Que ne sont pas ces trésors ?
Jésus est assez clair sur le fait qu'il ne s'agit pas de récompenses matérielles.
Ceux qui enseignent, et c'est la mode dans certains milieux religieux, que prospérité et spiritualité sont liées, enseignent le contraire de ce que Jésus enseigne (Matthieu 19.16-30). En Marc 10.29.30 la seule chose matérielle que promet Jésus, ce sont des persécutions ! Et certains, sans enseigner cette « prosperity theology », la vivent, et la font vivre à leur famille ou à leur communauté.
D'autres enseignent que la récompense n'est pas importante, et qu'il ne faut pas être motivé par les récompenses car elles corrompent notre sens de la justice, elles nous feraient agir pour autre chose que pour la beauté du geste. Je pense qu'il ne faut pas non plus être plus spirituel que Jésus (Matthieu 16.27). Penser ainsi c'est placer l'homme à la place de Dieu, car seul Dieu sait agir de manière totalement pure et désintéressée. Et si on supprime toute idée de récompense dans la vie spirituelle, on supprime la justice de Dieu qui serait ainsi complètement désintéressé de ce qui se passe dans le cœur des hommes.
De quels trésors s'agit-il donc ? On peut en identifier beaucoup :
Le premier est d'avoir une relation avec Dieu (Actes 17.24-27, Luc 15).
Un second est la satisfaction d'avoir fait ce qui plaît à Dieu (Jacques 1.22-25).
Un troisième ce sont les relations profondes avec les autres chrétiens (Marc 10.29.30).
Un quatrième est une vie passionnante avec de plus en plus de responsabilités spirituelles (Matthieu 25.23).
Un autre est la confiance face à la mort et face à Dieu (Matthieu 25.46, Marc 10.30, Hébreux 4.16...)
Certainement peut on en trouver encore d'autres, mais ceux-ci suffisent à démontrer que les récompenses de Dieu n'ont rien de matérielles. Il faut encore remarquer que ces récompenses ne peuvent être considérées comme telles que si l'on est chrétien. Elle n'ont aucune valeur pour un non-croyant.
Mais ici Jésus parle de trésors dans le ciel pour ceux qui persévèrent (Matthieu 5.12 parle de récompense pour ceux qui endurent les persécutions) et qui se focalisent sur la place que Jésus nous prépare (Jean 14.1-4).
Comment obtenir des trésors ?
Méditer Matthieu 13.44-46 (les paraboles sur le trésor que représente le royaume de Dieu) ou Colossiens 3.24 permet de comprendre : tout donner pour obtenir quelque chose de mieux. Donner le matériel pour obtenir du spirituel. Quitter le charnel pour la sainteté. La sainteté (faire partie d'un autre monde, Hébreux 11.16) c'est chercher plus les choses d'en haut que celles d'en bas.
Selon l'enseignement de Jean-Baptiste, cela est forcément progressif (Jean 3.30). Progresser dans la sainteté, c'est veiller sur son coeur (Proverbes 4.23).
Questions pour méditer et mettre en pratique :
- Qu'est-ce qui me motive à rester proche de Dieu ?
- Qu'est ce que je chéris le plus sur cette terre ? Dieu est-il encore au dessus ?
- Est-ce que je méprise les chrétiens moins riches sous prétexte que Dieu les a moins bénis ?
- Est ce que je comprends que plus je possède, plus il me faut renoncer à ce que je possède ?
- Quelles récompenses spirituelles ai-je sur terre ?
- Est-ce que je cherche à être admiré pour ma piété ?
- Comment est-ce que j'imagine ma récompense dans le ciel ? (Voir Esaïe 49.1-6)
Notes
1 - Celui qui a proposé ce terme est Íñigo López de Loyola, francisé en Ignace de Loyola (24 decembre 1491 à 31 juillet 1556) fondateur de la Compagnie des Jésusites encore appelée société de Jésus. Il fut l'un des penseurs de la réaction de l'Eglise Catholique face à la réforme (contre-réforme). Il est l'auteur des « exercices spirituels », sorte d'examen de consience poussant le croyant à reconnaitre ses péchés et à accepter la conception catholique sur Jésus. Je reprends ce terme pour montrer que l'enseignement de Jésus se suffit à lui-même pour acquérir le discernement de ce que Dieu veut pour nous.