Catéchisme en ligne pour adultes
Selon le livre des Rois, à la suite de la mort de Josias, « Le peuple du pays prit Joachaz, fils de Josias ; ils lui conférèrent l'onction et l'investirent de la royauté à la place de son père » (2Rois 23,30). Or Joachaz n'était pas le fils ainé de Josias (comparez 2Rois 23,31 et 2Rois 23,36). C'est le peuple qui voulu Joachaz, refusant implicitement que Eliaqim (futur Yoyaqim) devienne roi. Mais le règne de Joachaz est de courte durée (2Rois 23,31) : le pharaon Néko revenant de sa campagne militaire au Nord, repasse par Juda. Il destitue Joachaz et installe à sa place Eliaqim dont le nom de roi est Yoyakim, qu'il juge plus favorable en tant que vassal et à qui il impose de verser un tribut (un impôt de vassalité). C'en est fini de la politique d'indépendance et d'expansion de Josias.
Jérémie aura fort à faire avec ce roi « qui construit son palais au mépris de la justice, et ses étages au mépris du droit ; fait travailler les autres pour rien, sans leur donner de salaire » et qui n'a « de regards et de pensées que pour le profit, pour répandre le sang de l'innocent et agir avec brutalité et sauvagerie » (Jérémie 22,13-17). Quel portrait ! C'est celui d'un roi qui recourt au travail forcé pour se faire construire un palais alors que la plupart des ressources de son pays partent sous forme d'impôt en Egypte. La réforme de Josias (père de Yoyaqim) n'est plus qu'un souvenir lointain.
En 605, Nabuchodonosor est vainqueur des Egyptiens à Karkémich. Et en 604 il marche sur la Syrie et la Palestine soumettant les anciens vassaux égyptiens, les uns après les autres. De vassal des Egyptiens Yoyaqim devient vassal des Babyloniens, à qui il doit encore payer le tribut. C'est dans ce contexte désagréable pour Yoyaqim et tout son peuple que Jérémie écrit son premier rouleau de prophéties. Il les fait lire publiquement par Baruch au temple, mais Yoyaqim fait saisir le rouleau et le fait brûler.
En 601 Nabuchodonosor décide d'attaquer le pharaon qui incite ses anciens vassaux de Syrie-Palestine à se rebeller contre lui. Mais il échoue à entrer en Egypte et l'armée de Néko le poursuit même jusqu'à Gaza (cf Jérémie 47,1). Yoyaqim pense alors déceler une faiblesse de Babylone. Il décide de cesser le paiement du tribut et place ses espoirs dans son ancien suzerain égyptien malgré les avertissements de Jérémie.
En 598, Nabuchodonosor a reconstitué son armée. Il attaque Juda la rebelle. Yoyaqim attend le secours des égyptiens, mais ceux-ci n'ont plus les moyens de défendre leurs anciennes colonies (2Rois 24,7). Pendant le siège de Jérusalem, Yoyaqim meurt. Si le livre des rois ne dit rien sur les circonstances de sa mort (2Rois 24,6), le livre de Jérémie par contre suggère une mort plutôt violente : Jer 22,19 et 36,30.
C'est le pauvre Yoyaqin (avec un "n" et non un "m" à la fin) son fils, qui prend sa place (2Rois 24,6). D'après des documents babyloniens, le 16 mars 597, le siège prend fin car Yoyaqin se rend à Nabuchodonosor (2Rois 24,12 et Ezékiel 17,12). Celui-ci saura se souvenir de son humilité, et ne l’exécutera pas mais l’emmènera avec lui à Babylone avec les élites du pays (administratifs, artisans intellectuels dont Ezekiel... 2Rois 24,14-16 et Jer 52,28). Mais le livre des rois termine sur une étonnante notice concernant Yoyaqin : alors que tous les rois ont à la fin de leur chronique « il se coucha avec ses ancêtres et son fils devint roi à sa place », Yoyaqin ne meurt pas (dans le texte). En effet « la trente-septième année de l'exil de Yoyaqin, [il a 55 ans...] Evil-Merodak [fils de Nabuchodonosor], roi de Babylone, dans la première année de son règne [562 av JC], gracia Yoyaqin, roi de Juda, et le fit sortir de prison. Il lui parla avec bonté et mit son trône au-dessus du trône des rois qui étaient avec lui à Babylone. Il lui fit enlever ses vêtements de détenu ; Yoyaqin mangea devant lui constamment, tous les jours de sa vie. Son entretien — entretien constant — lui fut assuré de la part du roi de Babylone, selon l'ordre de chaque jour, jusqu'au jour de sa mort, tous les jours de sa vie » (Jer 52,31-34, 2Rois 25,27-30).
Bien qu'exilée, la descendance davidique n'est pas morte... (voir note 1)
Questions pour méditer :
- Que penser des choix politiques de Yoyaqim ? En quoi place-t-il son espoir ?
- Qu'est-ce qui manque à ce roi pour assurer le bonheur et la paix à son peuple ?
- Dans quelles circonstances Dieu permet-il la continuation de la lignée davidique ?
- Pourquoi choisit-il Yoyaqin le petit fils de Josias plutôt que les fils aînés de Josias ? Que peut-on en conclure spirituellement ?
note
1 Yoyaqin est aussi appelé parfois Yékonya (cf Jer 28,4) qui est le nom utilisé (mais sous forme grecque) en Matthieu 1,11 dans la généalogie de Jésus.