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Catéchisme en ligne pour adultes

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Jérémie 8 – Le roi Josias (2ème partie)

Quand Josias devient roi, à 8 ans, l'Assyrie est encore une grande puissance, mais son influence diminue. En 626 alors que Josias a 22 ans, elle perd le contrôle de Babylone, et les Mèdes la menace. C'est alors qu'en 609 le pharaon Néko II décide de se porter à son secours. Pressé de monter au Nord, il négocie avec Josias de pouvoir traverser son territoire. Mais Josias qui craint que son plan de réunification ne soit mis à mal refuse et décide de se mettre en travers de la route du Pharaon, qui pourtant l'avait averti (2Chr 35,22). Il meurt ; et meurent avec lui les espoirs du peuple.

 

Que peut-on reprocher à Josias ? Est-il si bon que Dieu veuille le réunir à lui avant terme ? D'un point de vue religieux et politique, Josias a réformé son pays, mais d'un point de vue spirituel cela ne suffisait pas. Il suffit de lire Jer 3,6-10 « Le SEIGNEUR me dit : "au temps du roi Josias (…) Juda la traitresse n'est pas revenu vers moi de tout son cœur, c'était faux, oracle du Seigneur" ». Selon Jérémie, la réforme religieuse de Josias, c'était faux (note 1) ! Qu'est-ce qui permet à Jérémie de dire de telles choses sur Josias ?

 

Deutéronome 17,14-20 stipule que le roi ne doit pas « avoir un grand nombre de chevaux ». Pourquoi ? Parce que le roi du peuple de Dieu ne doit pas être un roi comme les autres. Il ne doit pas rechercher la puissance militaire, pour ne pas être tenté de régler les problèmes de sécurité d'Israël par ses propres moyens mais plutôt en se basant sur la foi que Dieu prendra soin du pays. Josias, en s’appuyant sur son armée (ses chevaux) pour faire des choix politiques (s'opposer à Néko par exemple) n'a pas mis en pratique ce commandement éminemment spirituel. En effet ce commandement demande plus de foi que d'organiser une grande fête de Pâques ou de reconstruire un temple. C'est probablement le sens de 2Chroniques 35,22b qui explique que Josias n'a pas entendu Dieu à travers l'avertissement du Pharaon.

 

Deutéronome 17,17 stipule encore que le roi ne doit pas avoir plusieurs femmes. Or il a eu des enfants de plusieurs femmes (Hamoutal en 2Rois 23,31 et Zebudda en 2Rois 23,36).

 

Et il est intéressant de noter les exemples qu'il suit. Pendant la bataille contre Néko, Josias s'est déguisé pour qu'on ne le reconnaisse pas (2Chroniques 25,22a). C'est déjà ainsi que le roi Achab avait agit (1Rois 22,30), Achab dont le livre des rois dit : « il fit ce qui déplaisait au Seigneur, plus que tous ses prédécesseurs... ».

 

Donc quand le livre des rois (2Rois 23,25) dit que Josias était un bon roi, ce n'est que relatif : les autres (avant et après) étaient simplement... pires ! Le problème de Josias c'est que s'il fait des choses pour Dieu, il ne semble pas avoir une relation personnelle avec Lui.

 

Que peut-on apprendre de tout cela ? Qu'il ne faut pas se fier aux apparences : Une réforme spirituelle doit être sincère, et pas seulement (voire pas du tout) religieuse. Certes, sincérité n'est pas vérité. Mais tout comme un baptême sans foi n'est pas un baptême, sans sincérité, la vérité est altérée. Josias a bel et bien mis en chantier des réformes religieuses, mais celles-ci ne correspondaient pas à une véritable repentance. Ni lui, ni le peuple ne sont allés au bout de la démarche de conversion de leur cœur (cf Jérémie 7,3-4). Etre sincère, c'est aller au bout de ce qu'on croit. Pas seulement avoir de bonnes intentions. L'exemple de Josias est celui d'un roi plein de bonnes intentions (exemples 2Rois 22,11-13 et 2Rois 23,3 ou même Jérémie 22,15-16), mais qui ne met en pratique que les commandements qui l'arrangent. Bien sûr il fait ce qui est droit (2Rois 22,2), mais son cœur est-il droit ?

 

Au fond il ne faut jamais oublier que Dieu n'est pas religieux (Jérémie 6,20), qu'il veut une relation avec nous, et que malgré les efforts des humains pour séparer le sacré (Dieu) du profane (le monde), Lui au contraire fait tout pour s’approcher de nous.

 

Questions pour méditer ?

- Quelle est mon image de Josias maintenant ?
- Pourquoi Josias n'a-t-il pas réussi à changer les pratiques de son pays ?
- Ma vie a-t-elle besoin de réforme ? Selon ce que nous venons d'étudier, comment m'y prendre ?
- Mon Eglise a-t-elle besoin de réforme ? Comment faudrait-il s'y prendre ?


note

1   אִם-בְּשֶׁקֶר veut dire : "plutôt dans la tromperie", "sinon dans le mensonge"

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P
Salut Pierre-Louis,<br /> <br /> Je me demandais si Jérémie 3.10 ne s'adresse pas seulement au peuple de Juda qui n'a pas suivi les réformes de Josias?<br /> Sinon comment expliquer la contradiction avec 2Roi23.25?<br /> Sur Deutéronomes 17.17,j'ai comparé plusieurs versions et toutes disent "Qu'il n'ait pas un grand nombre de femmes (...)" ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas le droit d'avoir plusieurs femmes.<br /> As-tu utiliser une version particulière?<br /> Sinon très bon article.<br /> A bientôt<br /> Pierre
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P
<br /> <br /> Merci Pierre pour l’intérêt que tu portes à cet article. Pour répondre à ta question légitime, il faut prendre en<br /> compte le rôle du roi dans le peuple : il est l'intermédiaire entre Dieu et le peuple, à la fois conducteur du peuple et interlocuteur de Dieu. Deutéronome 17 en fait un exemple devant le<br /> peuple. Il est en tout cas responsable de son peuple devant Dieu. Donc, si Jer 3,10 ne s'adresse qu'au peuple, alors Josias a échoué. Et cela ne crée pas<br /> nécessairement une contradiction entre les deux, juste une différence de point de vue, car il ne faut pas prendre tous les livres bibliques de la même manière et surtout pas deux genres<br /> littéraires différents.<br /> Les 4 livres des rois (de 1Sam à 2Rois) se focalisent sur les rois et tentent de comprendre comment on en est arrivé à une catastrophe telle que celle de l'exil. En effet, Dieu avait promis une<br /> terre au peuple, et celui-ci se retrouve ailleurs, en esclavage. C'est un retour à la case départ, comme en Egypte. Le point de vue de ces livres c'est que la désobéissance conduit à l'exil (ce<br /> qui est aussi vrai au sens spirituel). C'est le point de vue « Deutéronomiste » c'est à dire « en lien avec le Deutéronome ».<br /> <br /> <br /> Jérémie va encore plus loin. Comme les autres prophètes d'ailleurs. Pour lui, c'est un problème de coeur, pas seulement d'obéissance. Un problème d'amour pour Dieu. Les prophètes, et Jérémie en<br /> particulier, ont quelque chose qui les rapproche de ce que Jésus prêchera : ce qui compte n'est pas la lettre mais le coeur, ce n'est pas l'obéissance mais l'envie d'obéir.<br /> <br /> <br /> Il existe encore d'autres « points de vue ». Notamment celui des prêtres (point de vue sacerdotal) qui insiste sur la pureté, la sainteté... On le trouve à travers le Lévitique par<br /> exemple.<br /> <br /> <br /> Tous ces "points de vue" se complètent. Ils ne se contredisent pas. La Bible doit donc être lue dans son ensemble. Il ne faut rien en retrancher. Parfois on a tendance à retrancher des choses non<br /> pas ouvertement, mais parce qu'on ne les lit pas, ou parce qu'on n'arrive pas à les harmoniser parfaitement. Alors on les laisse de côté dans notre méditation. On n'oserait pas dire qu'on<br /> retranche, mais le résultat est un peu le même.<br /> <br /> <br /> Je ne dit pas cela spécialement pour toi, nous somme tous pareil. D'où la nécessité pour des enseignants dans l'Eglise. Afin qu'elle ne parte pas sur une théologie 3/4 biblique, qui n'utilise que<br /> les écritures qui lui conviennent. Il est bon de s'interroger de manière « critique », c'est à dire en s'interrogeant sur la plausibilité de ce qu'on avance, sans négliger tel ou tel<br /> aspect de la bible et de ce qui l'entoure. Le côté critique de l’exégèse est bon car il pousse à aller plus loin dans l'interrogation des écritures.<br /> <br /> <br /> Pour en revenir à Josias, certes il n'a pas eu "beaucoup de femmes". Au moins deux. La comparaison de 2Rois 25,31.36 et 24,18 montre que dans une courte période de temps, il a eu des fils d'au<br /> moins deux femmes différentes. Il n'est pas impossible qu'il est été veuf. Mais on n'en a pas trace non plus. Et effectivement la loi de Moïse ne semble pas être contre la polygamie (Deutéronome<br /> 21,15-17). Mais les exemples négatifs d'hommes ayant eu deux (ou plus) femmes ne manquent pas (Abraham, Jacob, Elqana le père de Samuel, David, Salomon...) faisant penser que cela était mal vu<br /> par bon nombres de rédacteurs vétéro-testamentaire.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />