Catéchisme en ligne pour adultes
Jérémie 32 est un texte composite, mais dont le sens final doit défier notre façon d'envisager la foi. Ce texte met en scène Jérémie pendant le siège de Jérusalem par Nabuchodonosor. Alors que tout tend à montrer qu'on approche de la fin des capacités de résistance de la ville, et que la situation est catastrophique, Jérémie... fait une transaction. Au lieu de se préparer à fuir, au lieu de tenter de sauver ce qui peut encore l'être, Jérémie achète un champ à son oncle, à Anatoth sa ville natale. Il prend des témoins, il écrit un contrat et le fait mettre en jarre pour le protéger longtemps.
Quelle est donc la signification de ce geste, normal en temps de paix, mais incongru en temps de siège ? Alors que les troupes babyloniennes sont en train de ravager le pays, à quoi sert-il d'acquérir un titre de propriété qui a toutes les chances de ne plus avoir aucune valeur quelques semaines plus tard ? N'est-ce pas jeter l'argent par les fenêtres ?
Il s'agit de la folie de la foi. Car c'est Dieu qui a dit à Jérémie d'acheter ce champs. Et sa confiance en Dieu et en ses promesses est telle, qu'il croit dur comme fer qu'un jour, « on achètera encore des maisons, des champs et des vignes dans ce pays » (Jérémie 32,15). Ce texte est pertinemment placé après les promesses du chapitre précédent en 31,27-28. Mais la foi de Jérémie n'est pas aveugle. Le prophète, qui a une vraie relation avec Dieu, adresse une prière qui se termine par une exclamation interrogative : « pressée par l’épée, la famine et la peste, [la ville] ne peut (...) que se rendre aux forces chaldéennes qui l’assaillent. Ce que tu as décrété arrive, et toi, tu ne fais que regarder. Et c’est toi qui me dis, Seigneur DIEU : Achète le champ en pesant l’argent et en convoquant des témoins ! alors que la ville ne peut que se rendre aux forces chaldéennes » (32,24-25 TOB).
Mais Dieu corrige Jérémie (32,36) : la ville n'est pas « livrée au roi de Babylone, vaincue par l’épée, par la famine et par la peste » ; cela, ce sont Jérémie et les Israélites qui le disent. Mais ce n'est que l'apparence de la réalité spirituelle, car le vrai pouvoir est celui de Dieu : Jérusalem est corrigée afin qu'elle change de mentalité (32,39 TOB), de cœur (NBS, JER, S21), d'orientation (TOB), de chemin (S21), de voie (NBS) de conduite (SER). Dieu veut qu'on mette tout notre cœur à le chercher (29,13), mais il met lui aussi tout son cœur à aimer son peuple (32,41). Autant les difficultés sont grandes, autant le repos sera appréciable (32,42). Quand tout semble aller mal, c'est que Dieu travaille à réparer ce que les hommes ont cassé, et il y a toujours un espoir de restauration.
Finalement, un jour arrivera où à nouveau « on achètera des champs dans ce pays » (32,44).
Questions pour méditer :
- Qu'achèterai-je si un ennemi était en train d'arriver pour tout détruire dans mon pays ?
- Quand un problème survient, est-ce que j'ose demander à Dieu pourquoi ? La réponse me fait-elle peur ?
- La destruction est-elle le but de la colère de Dieu ? Si non, est-ce que je mesure la différence entre la colère de l'homme et celle de Dieu ?