Catéchisme en ligne pour adultes
Le chapitre 29 regroupe la correspondance que Jérémie échangeait avec les exilés de Babylone entre les deux déportations, c'est à dire entre 597 et 587. La première lettre (versets 1 à 14) les exhorte à ne pas espérer un retour imminent comme le prêchent les prophètes et devins qui vivent parmi les exilés (versets 8-9 et 21-23). Peut-être ces prophètes leur faisaient-ils peur en leur disant que loin du Temple, ils devaient aussi être loin de Dieu. Mais Jérémie les incite donc à s'installer pour une longue période et à jouir de la vie là où ils sont (versets 5 à 7 et 28). En effet il pense qu'une période de 70 ans (verset 10) s'écoulera pendant lesquels Dieu veut apprendre à son peuple à assumer les conséquences de ses péchés (cf Jer 25,11-12).
Mais comme le dit Deutéronome 5,9-10 Dieu ne poursuit la faute des pères chez les fils que pendant trois ou quatre générations – environ 70 ans. Il y a donc une espérance pour le retour : Dieu n'oublie pas son peuple, mais il lui apprend la patience. Et il ne faut pas considérer que ceux qui sont restés ont plus de chance : ils ne savent pas encore qu'en 587 leur ville sera détruite et qu'ils rejoindront les autres exilés ou, s'ils restent, qu'ils devront vivre sur une terre dévastée (versets 16 à 20 – absents du texte grec ces versets sont un ajout postérieur à Jérémie après le verset 15 qui est le début de 21-23).
Ce qui compte ce n'est pas qui est ici, ou, qui est là-bas, mais... d'écouter la parole du Seigneur (verset 20).
Et que nous disent les célèbres versets 11 à 14 ? Ils nous parlent de ce qu'est la grâce de Dieu ! Car Dieu, après une période difficile mais pédagogique interviendra pour restaurer non pas une grandeur passée, mais une relation avec lui. Dieu n'a pas juste pour intention de pardonner pour recommencer. Il veut recréer une relation de cœur avec son peuple. C'est cela qui l’intéresse. C'est cela la vraie grâce que nous fait Dieu en nous éduquant, en nous corrigeant : il nous rend capable d'une relation avec Lui, qui est la seule chose qui lui importe vraiment. Le livre de Jérémie tout entier est une complainte du prophète sur la relation brisée entre Yahwhé et son peuple.
Pourtant, malgré l'exhortation à écouter, des voix qui n'écoutent qu'elles-même s'élèvent contre la prédication de Jérémie. Un certain exilé du nom de Shemayahou envoya une lettre aux prêtres encore en fonction à Jérusalem (nous sommes entre les deux déportations, le temple existe encore) pour lui demander de faire taire Jérémie en le mettant en prison. La réponse est claire : il arrivera à Shemayahou et ses descendants ce qui est arrivé à la génération incrédule dans le désert (Nombres 14), ils ne reverront pas le pays (versets 29-32).
Questions pour méditer :
- Si Dieu ne répond pas à mes prières tout de suite, comment est-ce que je réagis ?
- Qu'est ce qui est le plus important pour Dieu ?
- Qu'est ce que Dieu attend principalement de moi ?
- Si je refuse de chercher Dieu de tout mon cœur, que risque-t-il de m'arriver au plan spirituel ? De qui est-ce la faute,
de Dieu, ou de moi ?