Catéchisme en ligne pour adultes
Lire Jérémie 7 puis Jérémie 26,1-19
Le texte est placé dans le contexte du règne de Yoyaqim. Il décrit la réaction des autorités suite au discours du temple du chapitre 7 (voir article 18) dont on trouve un résumé aux versets 1 à 6 du chapitre 26 : Jérémie prédit que sans changement radical d'attitude face à la parole des prophètes (dont Jérémie fait partie) qui est la Parole de Dieu, alors Jérusalem est menacée de destruction.
La réaction ne se fait pas attendre : « tu mourras » menacent unanimement les auditeurs du discours (26,8). Belle perspective que celle de prophète ! Et Jérémie l'accepte : lors du procès qui suit (26,10-16) et qui se tient en présence des fonctionnaires royaux (note 1), Jérémie accepte son sort avec foi. Tel est le souvenir que l'auteur de ce texte avait de Jérémie. Sa relation avec Dieu, décrite dans d'autres chapitres, manifeste ici un fruit d'un calibre impressionnant.
Le déroulement du procès montre qu'il y a trois clans :
- Celui du peuple, sans opinion, ou plutôt ayant une opinion versatile peut-être émotionnelle, puisque associé à la demande de mise à mort au verset 8 mais participant aussi à l’acquittement au
verset 16.
- Celui des prêtres et des prophètes furieux, qui n'acceptent pas la remise en question de leur activité. D'autant que le discours vise le temple (26,12), qui justifie leur fonction.
- Celui des fonctionnaires royaux et des anciens. Les premiers étant probablement plus attachés à la forme qu'au fond de l'affaire, ils jugent que le prophète ne mérite pas la mort. Les seconds
évoquent la prophétie de Michée (Michée 3,12) qui avaient déjà tellement frappé les esprits qu'on s'en souvient encore plus d'un siècle après, mais qui, si elle permet de sauver Jérémie, n'en
n'est pas pour autant prise au sérieux.
Si l'on suit l'historiographie biblique, le conseil des anciens aurait dû être un instrument puissant pour la gouvernance du pays. Mais leur rôle s'est amenuisé après l'avènement de la royauté. Les conseils des anciens furent plusieurs fois négligés voire méprisés (cf Abner, Roboam...). Leur influence ne reprendra vraiment qu'à partir d'Esdras. Yoyaqim semble ne pas se préoccuper plus que ses prédécesseurs de l'avis des anciens. Tout ce qui le contredit doit être éliminé. Si Jérémie est acquitté (26,16) puis protégé, c'est qu'il a plus de chance qu'Urie, autre prophète qui prophétisait de la même manière que lui mais qui fut mis à mort. Dans son cas, la menace qui pesait sur Jérémie au verset 8 a été mise à exécution, montrant la connivence entre le roi, les prêtres et les prophètes. Urie est mort sans procès, et par les mains du roi lui-même qui, au lieu d'être le premier à obéir à Dieu de manière exemplaire (Deutéronome 17,14-20), se trouve être celui qui fait taire la Parole.
Questions pour méditer :
- Ai-je déjà été menacé à cause de ma foi ?
- Suis-je comme ce peuple qui change d'avis (ou d'Eglise) comme de chemise ? Est-ce que l'émotion du jour dicte mon
attitude du jour ?
- Est-ce que je demande des conseils pour gouverner ma vie ou est-ce que j'agis seul ?
- Est-ce qu'il m'arrive d'avoir envie de faire taire la Parole ?
Notes
1 – שָׂר veut dire chef, autorité ou fonctionnaire royal (souvent de la famille du roi, d'où prince)