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Catéchisme en ligne pour adultes

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Jérémie 18 – Le discours du temple

Lire Jérémie 7,1 à 8,3

 

En 608 av. JC, Jérémie prononça ce discours courageux à la porte du Temple (7,2). Cette prédication regroupe l'essentiel des thèmes de la prédication jérémienne, et commence par avertir ses auditeurs qu'il ne s'agit pas de croire que le Temple puisse les protéger de quelque malheur que ce soit sous prétexte que c'est le Temple de Yhawhé. Ce sont des paroles fausses (7,4 et 7,8) car ce qui permet à Dieu d'habiter au milieu du peuple c'est l'amour (7,5-7). Ce qui peut protéger du malheur, c'est la repentance (7,3 et 7,5).

 

Il y a un décalage quasi permanent entre ce que Dieu dit et ce que les hommes comprennent. Mais ce décalage n'est pas dû à la faute de Dieu qui ne serait pas clair. Il est lié à la dureté du cœur du peuple. C'est inlassablement (7,13 et 7,25 littéralement depuis tôt le matin) que Dieu a parlé au peuple, mais il n'a pas écouté. Dans leur désir d'imiter leur voisins, les judéens en sont arrivés à faire des sacrifices d'enfants (7,31), à offrir des gâteaux à la Lune et aux étoiles lors de cérémonies nocturnes... Alors il est temps pour Jérémie de prêcher le malheur sans demander à Dieu d'intercéder. Certes Dieu parle à la première personne du singulier quand il s'agit de déverser sa fureur, mais au verset 7,19 Yahwhé explique : « est-ce moi qu'ils sont en train de chagriner ? oracle de Yahwhé. N'est ce pas plutôt eux-même pour leur honte ? ».

 

Si Dieu déverse sa colère il ne s'agit pas d'une colère impulsive ou volcanique. Il ne s'agit pas d'une émotion soudaine. Car cette colère est prévue et expliquée inlassablement depuis le début de l'alliance : Deutéronome 11,26 « Vois : je mets aujourd'hui devant vous bénédiction et malédiction : la bénédiction si vous écoutez (...), la malédiction si vous n'écoutez pas … ». Il est clair que, comme une bonne part du livre de Jérémie, le chapitre 7 est influencé par l'esprit du Deutéronome dont la théologie est rétributive (note 1). Cela démontre bien que la colère de Dieu ne doit pas être une surprise pour le peuple. Tout comme il est prévu d'avoir mal si on met la main dans le feu, il est prévu d'être corrigé si on est infidèle à l'alliance passée avec Dieu. Mais de quel malheur parle donc Jérémie 7 ?

Il s'agit d'abord du même malheur qui est arrivé à Israël au Nord, 114 ans plus tôt : la perte de la terre promise depuis toujours et pour toujours. Ainsi l'infidélité du peuple conduit à la terre perdue depuis toujours et pour toujours. La multiplication des actes religieux ne changera rien à l'affaire (7,21) : Psaumes 51 « Seigneur, (...) tu ne prends pas plaisir au sacrifice sinon, j'en offrirais ; tu n'agrées pas l'holocauste. Les sacrifices de Dieu, c'est un esprit brisé : un cœur brisé, écrasé, ô Dieu, tu ne le méprises pas ».

Ensuite, un second malheur, pire, pourrait frapper les infidèles : ne pas avoir de sépulture (8,1-4) ce qui pour un judéen du VIIe siècle av. JC est terrible car on pensait que cela signifiait la réduction au néant, la destruction définitive, l'oubli éternel (note 2).

 

Dieu n'a que faire de nos cultes et de nos réunions ; si nous ne mettons pas en pratique ce qu'il nous demande, nous ne pourrons recevoir ses bénédictions. La prédication peut être fantastique, les chants incroyables, la croissance de l'église étonnante, si nous ne nous tournons pas vers Dieu pour Dieu, nous sommes promis à la désillusion. Car l'alliance que les chrétiens on passé avec Dieu est de même nature que celle passée par les juifs : elle est relationnelle. Le christianisme, libéré de l'esclavage de la loi (Galates 4,21 à 5,5) n'est pas une religion. C'est une relation avec Dieu. Et qui dit relation dit écoute, échange, cadeaux, paroles valorisantes, encouragements, vulnérabilité, etc...

 

Questions pour méditer :

- Est-ce que je mets ma confiance dans ma présence au culte ou aux réunions ? Ou est-ce que je suis présent pour aimer mes frères et sœurs ?

- Est-ce que je mets ma confiance dans l'église à laquelle j'appartiens ? ou est-ce que j'appartiens à mon église pour la bâtir avec mes frères et sœurs ?

- Est-ce que je fais pour Dieu des choses (religieuses) qu'il ne me demande pas ?

- Que veut dire pour moi « avoir une relation avec Dieu » ?

 


note  

1- Une théologie rétributive est une vision de Dieu comme étant celui qui bénit les bons et qui maudit les méchants. D'un certain point de vue cette vision de Dieu est juste car d'une manière générale, celui qui obéit à Dieu a plus de chance (statistiquement) de trouver le bonheur (amour, justice, paix, santé ...). Mais d'un autre point de vue cela est faux, car il existe bel et bien des méchants qui prospèrent. Le livre de Job, ou l'Ecclésiaste, parlent abondamment de ce thème. Mais l'exemple le plus fameux montrant que la théologie rétributive ne peut à elle seule décrire Dieu, c'est la vie même du Christ, le plus obéissant parmi les obéissants, et qui pourtant fut crucifié.

2- Le Sheol, ou royaume des morts, était d'abord considéré comme le lieu ou le mort allait rejoindre les autres morts, probablement au fond du cosmos. Ce royaume avait un lien de similitude avec le royaume des vivants, car bien que morts, ses « occupants » pouvaient avoir des attitudes similaires à celles des vivants (les rois avaient des trônes, une cour). Le lien entre Sheol et monde réel devait être la sépulture, qui prend alors une grande importance dans l'Israël ancien.

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