Catéchisme en ligne pour adultes
(Message donné lors de la retraite Lyon/Genève - Lac des Sapins - Cublize - Nov 2012)
Lire Esaïe 45,20-25
J'ai identifié 5 manières de fléchir le genou
1ère manière de fléchir le genou : Sous le poids de nos péchés :
Lire Esaïe 46,1-2
Bel (Baal en araméen) : veut dire « Seigneur, maître, propriétaire ». Titre du dieu protecteur de Babylone Mardouk. Correspondant de Jupiter par la suite chez les romains
Nébo : Idole des Caldéens (Babyloniens), dont le nom se retrouve dans la composition de plusieurs noms propres. Fils de Mardouk. se rapporte à l’idole caldéenne qui correspond à Mercure chez les romains.
Le texte indique que les statues de ces idoles étaient lourdes.
Jérémie 10,5 Ces idoles sont comme un épouvantail dans un champ de concombres ; elles ne parlent pas ; il faut bien les porter, car elles ne peuvent marcher. N’en ayez aucune crainte : elles ne sont pas nuisibles, mais elles ne peuvent pas davantage vous être utiles. (TOB)
Elles sont tellement lourdes qu'elles deviennent un fardeau. Mais le vrai fardeau, dans notre vie : Psaumes 38,4 Car mes fautes s’élèvent au–dessus de ma tête ; Comme un pesant fardeau, elles sont trop pesantes pour moi.
Quelles sont les idoles que nous portons ? Il y en a beaucoup : quelques exemples
Le dieu « Matérialisme »
Le dieu « Confort »
→ Quand je ne veux pas sortir de chez moi, sortir de mon rythme de vie, de mon emploi du temps
Le dieu « Méfiance »
→ pour ne pas me faire abuser, j'ai peur des autres...
Le dieu « pourvoir »
Le dieu « émotion »
→ si je ne ressents rien c'est que Dieu n'est pas là
Le dieu « Apparence »
→ quand j'étais ado j'étais accroché à cette idole ; mais elle m'alourdissait car je devais constamment donner le change par le mensonge
etc ...
Nos péchés nous font fléchir les genoux, mais ce n'est pas ce que Dieu veut. Il veut nous libérer de nos idoles : Matthieu 11,28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. 29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. 30 Car mon joug est aisé, et mon fardeau léger.
Après le texte sur les héros de la foi, Hebreux 12,1 Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée, 2 les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection.
2ème manière de fléchir le genou : de manière religieuse (dans le mauvais sens du terme)
Lire Jérémie 7,1-11
En 608 av. JC, Jérémie prononça ce discours courageux à la porte du Temple (7,2). Au fond ce texte nous demande si notre attitude extérieure devant Dieu traduit notre attitude intérieure.
Jérémie parle de mettre notre confiance
- non seulement dans la Parole,
- mais dans l'obéissance à la Parole de Dieu : Si vous réformez vos voies.... alors...
Auxversets 3et7onpeutaussitraduire(questiondevoyelles en hébreu)
je vous laisserai demeurer en ce lieu par je pourrai habiter avec vous en ce lieu
Attention aux paroles mensongères, qui sont parfois ce que nous comprenons de ce qu'on nous a dit mais pas forcément exactement ce qu'on nous a dit. Les judéens avaient compris qu'au temple il y avait quelque chose de spécial. Mais il n'avaient pas compris quoi.
En lisant ce texte, nous, hommes modernes nous pouvons nous demander :
- Est-ce que je mets ma confiance dans ma présence au culte ou aux réunions ? Si c'est le cas, réformez vos voies : venez à l'Eglise pour aimer vos frères et sœurs ?
- Est-ce que je mets ma confiance dans l'église à laquelle j'appartiens ? ou est-ce que j'appartiens à mon église pour la bâtir avec mes frères et sœurs ?
- Est-ce que je fais pour Dieu des choses (religieuses) qu'il ne me demande pas ?
Imaginez que Dieu vous demande une tarte à la fraise. Vous lui apportez une tarte aux framboises ; ça se ressemble. Mais Dieu vous dit : "non ce n'est pas ça que je veux". Et vous lui dites : "mais quand même c'est une tarte au framboise c'est déjà pas si mal".
Vous n'avez alors pas compris que Dieu est Dieu. Vous faites des choses pour Dieu mais votre vie n'est pas à Dieu.
3ème manière de fléchir le genou : Par obligation
Lire Romains 14,10b-12
Dieu nous laisse libres. C'est cette liberté1qui nous permet de l'aimer, de le choisir. La liberté que nous avons est une grande responsabilité pour notre vie.
Esaïe 45,15 Vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël, Sauveur !
Si Dieu pouvait être vu, alors nous n'aurions plus le choix. Nous nous prosternerions devant lui, en nous jetant à terre. Mais serait-ce de l'amour pour lui ?
Ce que nous avons fait de notre liberté, nous en rendrons compte en fléchissant le genou. Nous serons obligés de reconnaître qui il est (Dieu) et qui nous sommes (pas dieu).
Matthieu 7,8 Heureux les purs de cœur, car ils verront (ὄψονται = futur de ὀράω) Dieu !
C'est aujourd'hui que nous devons préparer nos cœurs à voir (dans le futur) le Dieu qui se cache.
L'un des artifices du mal, notre adversaire, c'est de faire en sorte que les gens n'aient pas les éléments pour exercer leur liberté. Il prive le monde de sa liberté. Il fait tout pour que les gens fassent des choix sans savoir ce qu'ils choisissent. Cela est vrai dans beaucoup de domaines, mais encore plus dans le domaine spirituel.
Les gens autour de nous choisissent ce qu'ils voient. Naturellement. Charnellement. C'est pourquoi il faut étudier la bible avec les gens. Le but c'est de leur donner le choix en connaissance de cause. On ne peut pas prier objectivement pour que les gens deviennent chrétiens. Mais on doit prier pour que les gens aient les outils. Dieu sait que quand on comprend son amour, on ne peut pas dire non.
4ème manière de fléchir le genou : Par intéret
Lire Luc 17,11-19
Le pari de pascal2 : « Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. »
Le pari de Pascal n'est pas une bonne manière de s'approcher de Dieu. En tout cas on ne peut pas vivre l'intensité de la vie chrétienne avec cette seule motivation.
Les 9 premiers lépreux ont peut-être agi selon ce pari : On peut demander à Jésus de nous guérir, on ne risque rien après tout ! Si il y arrive on a tout gagné. Si il n'y arrive pas on a perdu un peu de salive.
Et ils ont tout gagné sauf d'être sauvé
Lorsque Jésus a guérit le paralytique que ses amis ont passé par le toit de la maison où il enseignait dit : (Luc 5,23) Qu‘est–ce qui est plus facile de dire : Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire : Lève–toi et marche ?
Le but est d'avoir cette foi qui aime Dieu, non pas celle qui calcule. Mais comment ?
5ème manière de fléchir le genou : Par reconnaissance
Lire Luc 17,11-19 (encore)
Le samaritain a peut-être commencé par intérêt
Qu'est-ce qui vous a poussé vers Dieu ? la peur de l'enfer, les promesses de Dieu, le catéchisme, la famille, l'incontournable rationalité de l'existence d'un dieu... ? Quelle que soit la motivation, il faut un jour contmpler le coeur de Dieu, sinon on abandonne. Certains viennent restent un temps, mais il n'ont pas trouvé le cœur de dieu
Je ne sais pas si cette parabole contient une prophétie statistique. Mais Jésus dit que c'est un sur dix. Et celui qui est le plus improbable !! Cela doit nous pousser à ne pas rationaliser sur les gens : ne pas juger, car n'importe qui peut devenir chrétien.
Ce qui est intéressant aussi, c'est que la foi qui sauve n'est pas uniquement celle qui croit et qui prie, mais aussi la foi qui donne gloire à Dieu.
CONCLUSION : Philippiens 2,5-11
Plier le genou, c'est un passage obligé. Evidemment la meilleure manière de plier le genou, c'est la dernière que nous avons
vu.
Dans ce passage, Dieu donne deux conditions pour plier le genou :
- parce qu'il s'est abaissé jusqu'à la mort pour nous = reconnaissance
- parce qu'il a un nom souverainement élevé = autorité
Dans quelles conditions est-ce que je plie le genou ?
Pour une relation juste avec Dieu nous devons reconnaître les deux :
- la supériorité, l'autorité, de Dieu mais qui s'abaisse
- l'amour de Dieu
C'est paradoxal, car c'est en apprenant à fléchir le genou que nous serons glorifiés par Dieu. C'est le chemin sur lequel nous guide l'Esprit, car c'est la chemin qu'a suivi Jésus.
Alors, apprenons à plier le genou devant Dieu pour sa gloire et notre glorification.
Notes :
1 une citation de Fontenelle : « la liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à pouvoir faire ce que l’on doit vouloir faire »
2 « Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. » — Blaise Pascal, Pensées (1670)