Catéchisme en ligne pour adultes
Lire Jérémie 3,1 à 4,4
En Jérémie 3,1 Dieu pose une question dont la réponse pour n'importe quel homme serait : « bien sûr que non ! ». D'ailleurs reprendre une femme qu'on avait répudié était interdit par la loi (Deutéronome 24,4). La fin du verset 1 et le verset 2 expliquent la situation spirituelle de Juda face à Dieu quand le peuple se livre à l'idolâtrie. Dans le proche orient ancien chaque peuple adorait plusieurs dieux, et souvent l'un de ces dieux était prépondérant sur les autres. On sait, grâce à la bible et l'archéologie, qu'Israël et Juda adoraient Yahwhé comme dieu principal mais aussi d'autres dieux auxquels on élevait des autels au sommet des montagnes ou aux pieds d'arbres sacrés. Pour Yahwhé, ceci correspond à une infidélité, une prostitution, un adultère. C'est la même image qu'utilisa Osée plus d'un siècle auparavant pour avertir Israël, le royaume du Nord. Celui-ci fut détruit par l'armée assyrienne en 721 (voir 2Rois 17) ; c'est l'acte de divorce dont parle le verset 8. Mais Juda n'a pas appris la leçon ! (note 1).
Ce n'est pas que Juda ait abandonné Yahwhé. Il continue de l'invoquer : « Mon Père... » (3,4), mais continue d'espérer dans le même temps en d'autres dieux. On ne sait jamais, il vaut mieux avoir plus d'un dieu dans sa poche pour pouvoir survivre ! Mais c'est le cercle vicieux qui s'instaure. En effet plus je multiplie les infidélités à Dieu, plus j'ai de problèmes, plus j'ai de problèmes plus il me faut de dieux pour me venir en aide... Faut-il que Yahwhé donne une lettre de divorce à Juda ? Les réformes de Josias (3,6) n'y feront rien, ce que Dieu attend c'est la circoncision du cœur (4,4), pas une fausse apparence de repentance (3,10).
Mais le fait même de poser la question au v1 indique que Dieu pourrait bien renverser le raisonnement humain. Dieu est prêt à reprendre sa relation avec son peuple car il est fidèle (3,12) et sa fidélité va au delà de la loi ! Oui il aime qu'on l'appelle « mon Père » si cela va avec la fidélité (3,19). Car il est le seul qui peut prendre soin de nous. l’idolâtrie n'est qu'égarement et perdition. Elle n'est que « bruit sur les montagnes » (3,23). Elle ne conduit qu'à de déchirantes supplications (3,21), à la honte (3,24) et à la culpabilité (3,25).
Nous aussi, de manière moderne, nous pouvons être idolâtres. Dans la parabole du semeur l'image de celui qui sème parmi les ronces de Jérémie 4,4 est reprise par Jésus qui assimile les ronces au « souci du monde et à la séduction des richesses » (Matthieu 13,22). Nous sommes plus ou moins religieux, mais nous faisons confiance à la société de consommation pour nous rendre heureux. Mais en ces moments de crises, on entend de plus en plus de déchirantes supplications. Nous invoquons Dieu mais nous cherchons des choses terrestres. Nous allons à l'église mais nous attendons que l'état réponde à nos besoins. Nous voulons le bonheur et le cherchons par nos propres moyens. Nous disons être chrétiens, mais nous vivons comme le reste du monde : même notre église nous la choisissons comme on choisit une voiture. A quand le prochain comparateur d'église sur internet ?
Les vérités spirituelles n'ont pas changé. Bien sûr le contexte biblique n'est pas le même que le nôtre et il nous faut un effort pour discerner à travers les différences temporelles et culturelles comment le texte de Jérémie peut parler à notre cœur. Mais cet effort vaut la peine car il nous permettra de ne plus « vagabonder » (Jérémie 4,2).
Questions pour méditer :
- Quel est le problème de Juda ? comment les dirigeants du royaume du sud auraient-ils dû réagir après la destruction de
Samarie et la prédication d'Osée ?
- Comment faire le parallèle avec les problèmes de notre génération ?
- Comment est-ce que je peux faire quelque chose pour ma génération ?
Note
1 - Osée prêchait à Israël, royaume du Nord. Quand Samarie, capitale d'Israël, fut détruite par les Assyriens, ceux-ci tentèrent de détruire Jérusalem qui résista. Juda, royaume du Sud, resta indépendant, et de nombreux juifs du Nord descendirent habiter au Sud apportant avec eux leur tradition dont celle d'Osée. Le livre de Jérémie présuppose la connaissance de la prédication d'Osée dont il reprend de nombreux thèmes comme ici celui de la comparaison entre adultère et idolâtrie, ou celui du semeur qui ne doit pas semer dans les ronces, thème lui même repris par Jésus en Matthieu 13 dans la parabole du semeur.