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Catéchisme en ligne pour adultes

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Jérémie 20 - Que choisir : vassalité volontaire ou soumission forcée ?

Lire les chapitres 27 et 28 du livre de Jérémie

 

Il est intéressant d'observer que le choix donné par Dieu au roi Sédécias, c'est la soumission ou la rébellion face au roi de Babylone. La liberté de Juda n'est pas une liberté de choix entre l'indépendance et la reddition, mais entre la vassalité volontaire ou la soumission forcée : « à la nation qui placera son cou sous le joug du roi de Babylone et qui se soumettra à lui, j’accorderai le repos sur sa terre, – déclaration du SEIGNEUR – pour qu’elle la cultive et qu’elle s’y installe. C’est exactement ce que j’ai dit à Sédécias, roi de Juda : Placez votre cou sous le joug du roi de Babylone, soumettez-vous à lui et à son peuple, et vous vivrez ! Pourquoi devriez-vous mourir, toi et ton peuple, par l’épée, par la famine et par la peste, comme le SEIGNEUR l’a dit à la nation qui ne se soumettra pas au roi de Babylone ? » (Jérémie 27,11-13).

 

Comment comprendre une telle alternative ? Yahwhé est-il moins fort que Mardouk, Bel et Nebo les dieux babyloniens ? Ne serait-il pas assez fort pour empêcher la prise de Jérusalem comme il l'avait fait lorsque l'assyrien Sennacherib assiégeait la ville 140 ans plus tôt ? C'est ce que devait penser des prophètes comme Hanania (28,2 – voir aussi Jérémie 7,4). Jérémie lui aussi croit que Yahwhé est capable de cela (28,6) mais il précise pourtant qu'il ne le fera pas (28,7). Hanania qui prêche que Yahwhé va ramener le roi Yoyakin de la déportation (ce qui contredit Jérémie 22,27) ainsi que les ustensiles du temple « dans deux ans jours pour jours », semble avoir plus de foi que Jérémie !

 

joug.jpg

 

Les contemporains exilés de Jérémie, qui avaient subi le siège de Jérusalem, devaient se dire après coup que ce texte est plein de sagesse : mieux valait se soumettre et vivre en paix que résister, être déporter et tout perdre. Mais pour nous, comment nous parle ce texte ? Qu'a à nous dire l'Esprit-Saint ? Car soyons honnêtes avec nous-même : spontanément, nous aurions tendance à considérer l'attitude d'Hanania comme plus spirituelle que celle de Jérémie parce qu'elle donne de Dieu une impression plus grande de puissance et de maîtrise de l'histoire ! Pourtant Hanania, mourra et ne pourra même pas voir que sa prophétie ne se réalisera pas, bien au contraire. Et Jérémie sera jugé par les générations suivantes comme un grand prophète parce que ce qu'il avait annoncé s'est accompli. Alors comment comprendre que Dieu demande la soumission à une nation qui n'a aucune considération pour lui ?

 

Une bonne réponse provient du psalmiste : « Mieux vaut en effet un jour dans les cours de ton temple que mille ailleurs » (Psaume 84,10). L'indépendance du pays n'est pas un critère spirituel. Comme nous l'avons vu précédemment la relation (l'alliance) entre Dieu et son peuple a été rompue par l'attitude rebelle du peuple. Dieu semble donner une dernière chance aux judéens pour qu'ils restent sur la terre promise malgré l'arrivée de Nabuchodonosor (Jérémie 25,1-14) : il leur offre une occasion de s'humilier (si le français le permettait on aurait pu écrire « s'humblifier »).

 

Quand il s'agit d'aimer Dieu, la question qui se pose n'est pas terrestre. Elle est spirituelle. Tout comme Jésus qui répondait aux pharisiens de « rendre les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu » (Matthieu 22,21), nous sommes appelé par ce texte à ne pas nous attacher aux apparences, mais à l'Esprit et à ses fruits (amour, joie, paix, patience, fidélité, douceur, confiance, bienveillance...). Les chrétiens des premiers siècles attiraient les autres vers eux parce que bien qu'ils soient en général plus pauvres et moins bien considérés voire persécutés (selon les régions de l'empire et selon les époques), ils ne s'attachaient pas à des prodiges visibles, mais à la puissance invisible qui fit ressusciter Jésus (cf 1Corinthiens 1,18-31). Ils ne cherchaient pas à montrer que Dieu les rendaient plus riches, plus forts, plus puissants ou plus vigoureux. Ils voulaient obéir à Dieu même quand cela semblait fou. Ils cherchaient « d'abord le règne de Dieu et sa justice » (Matthieu 6,33).

 

Questions pour méditer :

- Est-ce que je comprend que Dieu ne s’intéresse pas aux même choses que les hommes ? Pourtant est-ce que je comprends que Dieu s’intéresse aux hommes ? Par là, est-ce que je comprend qu'il y a quelque chose à comprendre de Dieu qui n'est pas humain ?

- Pourquoi Dieu semble-t-il permettre ce choix difficile entre soumission ou destruction ? Pourquoi ne permet-il pas quelque chose de plus satisfaisant ?

- Comment envisager que les choses ne se passent pas comme je pense que Dieu devrait le faire ?

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