Catéchisme en ligne pour adultes
Heureux ceux qui sont doux
« doux » est la traduction habituelle du grec praus. Par « doux » il ne faut pas comprendre « faible ». Cette douceur n'est pas non plus exactement le contraire de dureté. On pourrai traduire « puissance sous contrôle ». C'était le mot utilisé pour parler d'un cheval docile, ou d'un animal sauvage dompté ou apprivoisé. Ainsi, il y dans la douceur un côté actif, mais contrôlé, un côté dynamique mais sans stress. On pourrai dire que la douceur, c'est tout à la fois, l'humilité (mot très souvent associé à douceur dans les épîtres du Nouveau Testament et en Matthieu 11.29 je suis doux et humble de coeur...), le contrôle de soi et la paix... mais dans l'action.
Proverbe 16.32 donne une bonne image de ce que Jésus veut enseigner : Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, Et celui qui se domine (vaut mieux) que celui qui prend une ville.
En 2Corinthiens 10.1 Paul veut exhorter les Corinthiens par la douceur du Christ. Le serviteur du Seigneur (...) doit redresser avec douceur les contradicteurs (2Timohée 2.25 ou 1Pierre 3.15) ; il faut une grande force pour ne pas réagir face à la contradiction ! Et c'est encore avec douceur qu'il faut recevoir la parole du salut (Jacques 1.21).
La douceur se distingue donc fortement de la passivité, la complaisance ou la mollesse. Elle est démontrée sur la croix (1Pierre 2.21-23) ou Christ souffre, sans perdre le contrôle, sans pécher. La douceur est un fruit de l'Esprit (Galates 5.22). Elle est également le fruit des 2 premières béatitudes.
Car ils hériteront la terre
La terre est l'objet de l'héritage des disciples du Christ, jusqu'à ce qu'ils héritent de la vie éternelle. Rien que ça ! Mais il ne s'agit pas de se la couler douce avec l'héritage. Cette terre il faut la travailler. Il faut l'aider à accepter la volonté du Père (ce qui passe en premier lieu par la prière : Matthieu 6.10). Il faut planter ; il faut arroser (1Corinthiens 3.6-8) ; et il faut moissonner (Matthieu 9.37-38). Comme en Genèse, Dieu n'a pas mis Adam en Eden pour se tourner les pouces (Genèse 1.28-30 et 2.15), le Christ s'attend à ce que nous travaillions la terre (retourner le monde entier Actes 17.6), spirituellement, pour préparer la moisson, et ce, jusqu'à ses extrémités (Actes 1.8).
Sans la douceur telle que l'enseigne Jésus, cela est impossible. Car sans la douceur nous serons tentés par des solutions humaines pour accomplir la mission divine, notre maison sera construite sur le sable, et elle finira par s’écrouler… .
Pour méditer et mettre en pratique :
- Est-ce que je me laisse dompter ou apprivoiser par la parole de Dieu ?
- Mes relations sont un bon moyen d'évaluer ma douceur. Comment suis-je avec mon époux(se), mes enfants, ma parenté, mes amis, mes collègues de travail ? Comment est-ce que je réagis aux décisions politiques, professionnelles, syndicales ? Comment je réagis dans l'Eglise ?
- Est-ce que je suis prêt à assumer l'héritage de la terre ? Que puis-je faire pour planter, arroser, retourner,moissonner cette terre ? Est-ce que je préfère la jachère ?