Catéchisme en ligne pour adultes
Jean Baptiste déjà, avertissait les pharisiens et les sadduccéens, qu'on ne peut pas dissocier notre style de vie et notre prédication. Et il appelait déjà les dirigeants du peuple juif à produire du fruit digne de la repentance (Matthieu 3.7-10).
3 critères pour évaluer un vrai ou un faux prophète :
1/ son style de vie (1) : Les faux prophètes ne vivent pas la vie de disciple.
Soit leur vie n'est pas en adéquation avec leur prédication et ils lient des fardeaux sur les épaules des autres (Matthieu 23.4), qu'ils ne portent pas eux-mêmes. Au tout début du IIe siècle, un petit manuel d'enseignement à l'usage des chrétiens enseignait que tout
prophète qui enseigne la vérité, sans mettre en pratique ce qu'il enseigne, est un faux prophète. (Didaché 11.10)
Soit ils vivent un christianisme cool parce qu'ils prêchent un christianisme cool.
2/ la prédication soft :
Évidemment il ne s'agit pas d'être dur ! Ce serait encore être un faux prophète !
Mais un prophète qui ne parle jamais (ou rarement) de péché, de responsabilité, de chemin étroit, de jugement, de repentance, de fruits, de perdition (etc.) est un prophète qui oublie une partie
de la bible. Car les prophètes de mensonge, dont on a vu qu'ils prêchent que tout va bien quand tout va mal, ont tendance à ne parler que de grâce, miséricorde, bénédiction, bonté de
Dieu...
En réalité il faut l'équilibre des deux, car la bonté de Dieu est un moteur pour lutter contre le péché (Romains 2,4 ou Tite 2,11-12) dans un cercle vertueux.
3/ l'absence de progrès et de remise en question
Les beaux fruits poussent sur les beaux arbres qui poussent dans la bonne terre (Matthieu 13.8, 23). Et quand on porte du fruit, Dieu nous émonde pour que nous portions encore plus de fruit (Jean 15.2). Malgré la patience de Dieu (Luc 13.9) il arrive que celui qui ne progresse pas dans sa vie spirituelle, finisse par perdre sa relation avec Dieu (Jacques 1.13-15). Cela peut aussi être vrai d'un prophète ! Et de ceux qui l'écoutent (2Pierre2.2, 3.17).
Quels sont donc ces fruits dont nous parlons sans les nommer ? Le Nouveau testament nous en donne plusieurs listes
:
- Galates 5.22 amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de
soi
- Ephésiens 5.9 car le fruit
de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
- Colossiens 1.10 toute sorte d'œuvres bonnes
- 1Timothée 3.2-4 (concernant les épiscopes) irréprochable, mari d'une seule femme, sobre, sensé, sociable, hospitalier, apte à l'enseignement, qu'il ne soit ni adonné au
vin, ni violent, mais conciliant, pacifique, désintéressé ; qu'il dirige bien sa propre maison et qu'il tienne ses enfants dans la soumission, avec une parfaite dignité.
- Hébreux 13.15 lèvres qui confessent son nom
- 2Pierre 1.5-7 la vertu, la connaissance, la maîtrise de soi, la persévérance, la piété, la fraternité, l'amour.
- Romains 1.13-15 identifie le fruit avec le fait de faire des disciples et/ou de les faire grandir en connaissance de Dieu.
Voilà ce que doivent cultiver les vrais prophètes. S'ils sont les bergers de L'Église, ils doivent l'inspirer par l'exemple et le sacrifice. Toujours prêts à se remettre en
question.
Des chapitres entiers des épîtres sont consacrés à ouvrir les yeux des chrétiens sur l'acivité des faux prophètes ou faux docteurs. Ce qui confirme le danger qu'ils représentent pour l'Eglise : lire 2Jean ou 2Pierre 3 est instructif à ce propos.
Les faux prophètes sont partout : dans les fausses églises comme dans les vraies (Parabole de l'Ivraie, Matthieu 13.26). Pour s'en prémunir, pas la peine de faire une psychose : une seule solution s'impose, connaître la bible en profondeur (Hébreux 5.12).
Questions pour méditer :
- Qui sont les "prophètes" de mon église ? Suis-je capable de juger leurs fruits au regard de leur prédication ?
- Est-ce que je parle des points de désaccord avec eux ? Est-ce que j'ai assez de cran pour aller leur dire avec amour ce qu'ils devraient changer (même si je ne suis pas sur d'avoir raison) ?
- Est-ce que j'accorde de l'importance à ma progression dans la connaissance de la bible ou est-ce que je laisse les autres la connaître à ma place ?
- Les "bergers" de mon église sont-ils trop durs (discours écrasants) ? ou trop softs (ne parlent jamais de péché,
de repentance...) ? Comment puis-je les aider à s'en rendre compte ?
Note
(1) On ne parle pas de la réussite dans la vie, qui est parfois indépendante de la vie de disciple (bien qu'on puisse gâcher sa réussite par le péché). Un disciple peut parfois faire tous ses efforts, sans parvenir à réussir. Dieu agrée alors sa vie malgré les apparences. Ici on parle du style de vie : matérialisme, moralité, humilité, vulnérabilité (se laisse connaître).