Catéchisme en ligne pour adultes
Avant de lire l'article, lire Jérémie 1,11-16
Les deux premières visions de Jérémie que l'on trouve dès le chapitre 1 sont très simples et font appel à des scènes de la vie quotidienne. Dans les deux cas, Jérémie est interpellé par la Parole de Yahwhé. Aux versets 11 et 13 le texte dit : « La parole de Yahwhé s'adressa à moi ». Il est possible que, se promenant, Jérémie voit des choses communes. Mais parce qu'il est un homme de la Parole (cf Jer 1,9) il est capable de voir à travers ces choses des signes de la volonté de Dieu. Grosso modo, les deux visions s'articulent ainsi : La Parole demande à Jérémie « Que vois-tu ? ». Et Jérémie répond « Je vois quelque chose de normal ». Et la Parole répond « à travers ceci voit un signe de la volonté de Dieu ».
D'abord Jérémie voit un rameau d'amandier. Chose commune, plutôt signe de joie puisque l'amandier est le premier arbre à fleurir au printemps. Amandier en hébreu se dit « shâqéd ». Je veille au v12 se dit « shoqéd ». Si on enlève les voyelles de ces deux mots, puisque le texte original ne contient que des consonnes, ces deux mots « amandier » et « je veille » sont les mêmes. Pour Jérémie, homme versé dans la Parole, cet arbre devient le signe de la vigilance du Seigneur qui « veille » à l'accomplissement de sa Parole tout comme l'amandier veille à la venue du printemps, le renouveau de la nature. Dans la même veine que Esaïe 55,10-11 ou Habaquq 2,3 Jérémie doit s'attendre à ce que la Parole de Dieu s'accomplisse. Une telle vision, bien que si commune, peut et doit conforter sa (et notre) foi : « J'espère le SEIGNEUR, j'espère vraiment ; j'attends sa parole. Je compte sur le Seigneur plus que les gardes sur le matin, plus que les gardes sur le matin » (Psaume 130,5-6 – NBS).
Ensuite Jérémie voit un chaudron qui bouillonne et littéralement « dont la face (fait) face au Nord ». Les archéologues ont retrouvé des foyers de ce type, avec une ouverture au Nord pour laisser s’engouffrer le vent afin d'attiser le foyer. Donc ce que Jérémie voit, est encore une choses commune : une marmite bouillonnante grâce à un feu attisé par le vent venant du Nord. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est là que l'étude du contexte historique et littéraire que nous avons réalisée précédemment (et que certains auront trouvée fastidieuse) prend son utilité. Aux v14-16 Yahwhé dit à Jérémie que du Nord va venir le malheur sur Jérusalem à cause de l'infidélité du peuple. Jérusalem est la marmite, les babyloniens sont le vent du Nord qui attisent le feu du « malheur pour tous les habitants du pays » (v14).
Dès le premier chapitre du livre, nous sommes mis dans le bain : les judéens sont infidèles à la fois par leur idolâtrie et par leur résistance à l'écoute de la Parole. Pourtant cette Parole va s'accomplir, car que ce soit avec ou sans l'approbation du peuple, Yahwhé veille, et il y a des limites à sa patience : « Toute correction, il est vrai, ne semble pas être au premier abord un sujet de joie, mais un sujet de tristesse ; plus tard, toutefois, elle procure à ceux qu'elle a formés un fruit de paix, la justice » (Hébreux 12,11).
Questions pour méditer :
- Suis-je comme Jérémie, versé dans la Parole au point de
considérer spirituellement les choses de la vie quotidienne ?
- Où en est ma foi dans la Parole de Dieu ? Y-a-t-il des promesses faites par Dieu et qui me concerne pour lesquelles j'ai du mal à le prendre au sérieux ?
- Ai-je déjà été corrigé par le Seigneur ? Qu'est-ce que cela a produit dans ma vie ?