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Catéchisme en ligne pour adultes

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Jérémie 11 – Nabuchodonosor « mon » serviteur

Avant de lire cet article, lire attentivement, calmement et posément

Jérémie 25,1-14.


Nabuchodonosor, (prononcé en hébreu « Neboukadrètsar ») : ce nom apparaît cinquante-huit fois dans l'Ancien Testament dont trente-sept fois dans le seul livre de Jérémie.

En Jérémie 25 et 27, Nabuchodonosor est vu comme un
serviteur de Yahwhé pour établir l'ordre au Moyen Orient. Cette mention est surprenante de la part d'un prophète qui réfléchit sur l'histoire de son propre peuple et qui associe le destructeur de Jérusalem à « mon serviteur » (première personne) selon Yahwhé, comme le sont Abraham, Caleb, Moïse, Esaïe, Zorobabel (l'anti Nabuchodonosor, reconstruisant le temple) ou Job. Même Cyrus n'est pas mentionné comme « Mon serviteur », mais seulement comme « mon berger ».En Jer 27,5-7 Nabuchodonosor est plus qu'un simple serviteur. Peut-être une sorte de vassal, ou mieux de vicaire (voir aussi Jer 43,10). Dans ce chapitre 27, Nabuchodonosor est vu de manière plus positive qu'au chapitre 25. Mais cela semble normal, puisque Juda ne s'est pas repenti, alors forcément le roi de Babylone apparaît plus menaçant au temps de Yoyaqim (chapitre 25) qu'au temps de Sédécias (chapitre 27 – rappel : Sédécias est postérieur à Yoyaqim1).

Nabuchodonosor n'est finalement que le roi d'une grande nation dont les actes sont conformes à ce qu'un homme politique puissant de son temps devait faire pour asseoir sa puissance. Mais la mention de
serviteur de Yahwhé en Jer 25,9 montre que Yahwhé se sert de lui, comme d'un instrument. Il est encore mentionné au v12 ou il est stipulé que ce serviteur spécial sera lui-même rétribué selon ses actes : il reste responsable de ses actes, même si Dieu se sert de lui. S'il outrepasse la mission qui lui a été donnée de corriger Juda, il sera lui-même corrigé.

A travers tout cela, ce qui est théologiquement et spirituellement intéressant, c'est de voir que les serviteurs les prophètes (Jer 25,4) s'effacent pour laisser place à un autre serviteur : Nabuchodonosor. Ainsi Dieu ne prend jamais personne au dépourvu. Il envoie inlassablement (Jer 25,3-4) des avertissements avant de passer à l'action. Car il corrige son peuple, soit par des conseils (divins, donc un peu incontournables!) soit par des actions fortes. Bien évidemment nous avons tout intérêt à nous soumettre à Dieu dans la première phase de l'éducation qu'il nous propose plutôt que dans la seconde.

Pour ceux qui pensent que l'éducation de Dieu change dans le Nouveau Testament, il suffit de lire Jean 12,44-50 pour comprendre qu'avec Jésus nous avons plus qu'un prophète, nous avons plus que des conseils, et que si nous ne les mettons pas en pratique, nous ne devons pas être surpris par la lourdeur de la vie ainsi que la difficulté de faire face à la mort.

 

 

Questions pour méditer :

- Est-il difficile pour moi d'accepter que Nabuchodonosor soit « le serviteur » de Dieu ?
- Y-a-t-il des notions bibliques que je refuse ? Pourquoi ? Comment Dieu m'avertit-il ?
- Dieu est-il patient avec moi ?
- Le texte de Jérémie 25 est une réflexion sur l'action de Dieu pour éduquer son peuple. Ai-je envie que Dieu m'éduque ? Ou est-ce que je préfère m'éduquer moi-même ?

 


Notes

 

1   On peut alors se demander pourquoi le v9 mentionne tous ces peuples alentours comme devant subir le même sort, eux à qui il n'est pas demandé de repentance particulière ? Certainement parce que celui qui a pensé aux « peuples alentours » avait en vue les Oracles contre les Nations qui étaient originellement à la place à laquelle on les retrouve dans la version grecque de Jérémie (appelée Septante), c'est à dire juste après le v13a. Cette réflexion, qui au passage permet d'appuyer l'antériorité de la Vorlage (c'est à dire le texte qui a servi aux traducteurs grecs) de la Septante par rapport au Texte Massorétique (dont nous avons la traduction dans nos bibles en français), permet aussi de penser que tout le chapitre 25 sauf les v12-14, est datable de la quatrième année de Yoyaqim, période à laquelle la crainte devait être répandue que toute les nations – pas juste Juda – faisaient face au danger dans le sillage de la victoire de Neboukadrètsar sur les Egyptiens à Karkémich.
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