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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 18:05
QEMF4 : La fraternité chrétienne est-elle communion avec tous les « croyants » (1) ?

Si tous, que nous nous disions chrétiens, musulmans, hindous, juifs, bouddhistes, athées, ou autre, nous sommes frères en humanité, nous ne sommes pas tous frères dans la foi. Et si quelques passerelles sont possibles, les traditions sont tellement éloignées, et les conceptions du salut tellement différentes, qu'il est difficile de se dire « frères » au sens fort du terme, même entre croyants(1).

Tous ceux qui se disent chrétiens, par ce simple qualificatif (sur le sens duquel nous reviendrons), se rattachent au Christ. S'il y a beaucoup d'églises différentes, très différentes même, malgré tout, nous partageons tous cet attachement (quand on est un tant soit peu sérieux) à la figure de Jésus. Et c'est énorme : quel réconfort de trouver un collègue, un voisin, un cousin, même d'une autre église, qui a la foi et aime en parler. Quelle joie aussi de découvrir d'autres façons de penser, d'autres façon de mettre en pratique. Et quelle bonheur de percevoir chez d'autres chrétiens, des fruits magnifiques produits par les mêmes racines, à savoir la Parole du Christ et l'Esprit du nouveau testament !

Pour autant le grand nombre de points communs n'efface pas certaines différences qui sont, osons le dire contre la mode du moment, rédhibitoires quant à la vie communautaire. En effet nous ne nous appuyons pas sur les mêmes outils pour définir ce qu'est un chrétien. Car si tous nous utilisons les écritures, nous n'avons pas tous les mêmes grilles d'interprétation. Certains mettent la tradition de leur église (il faudrait définir ce terme !) au même niveau que les écritures, d'autres se basent sur les interprétations des Pères de l'Eglise, d'autres encore intègrent les réflexions des réformateurs à leur théologie. On peut aussi faire un mélange de tout cela, sans oublier d'intégrer les théologiens, philosophes et autres penseurs de tous les siècles. Il y en a d'autres encore qui ne veulent se baser que sur les écritures (c'était le credo des réformateurs du 16e siècle : sola scriptura) et qui pourtant sont influencés par une histoire et une culture religieuses (comme l'étaient justement ces mêmes réformateurs). Au final, après 2000 ans de chrétienté, les possibilités d'interprétation sont multiples et variées, tout autant que les églises, mouvements, ordres, ou communautés en tout genres. Et qu'on l'accepte ou non, notre discours sur Dieu est teinté d'une certaine tradition.

Nous avons donc quelques énormes points communs et beaucoup de petites différences. Il ne faut pas oublier les premiers ni nier les secondes. Et c'est pourquoi la communauté est difficile. Ainsi la communion n'est possible que jusqu'à un certain point seulement. Une communauté totale, si on peut en rêver, n'existe pas. Tout au plus peut-on prier pour cela. Mais si Dieu venait à exaucer cette prière (ce qu'il ne fera pas sans notre accord), il faut bien comprendre que ce serait douloureux pour tout le monde car nous devrions renoncer à beaucoup de choses auxquelles nous sommes attachés depuis des générations.

Questions pour méditer :

- Ai-je peur d'affirmer mon appartenance à une tradition ?
- Est-ce que je comprends pourquoi j'ai choisi telle ou telle façon de croire ? D'ailleurs l'ai-je vraiment choisie ? Est-ce que la taille et l'ancienneté de l'église dont je fais partie compte beaucoup pour moi ?
- Est-ce que je connaîs les points communs et les différences entre les grandes religions ou les grands mouvements chrétiens ?

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Note :

1 Le mot « croyant » aujourd'hui n'a pas la même signification qu'il avait au temps du Nouveau Testament. Croyant aujourd'hui désigne quelqu'un qui croit en l'existence de Dieu quelle que soit sa religion ou sa confession. « Croyant » dans le nouveau testament, désigne la plupart du temps des « croyants en Jésus le Messie, le Fils de Dieu », c'est à dire des « chrétiens » (cf Actes 2,44), mot qui d'ailleurs n'est utilisé que 3 fois dans tout le Nouveau Testament.

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