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Catéchisme en ligne pour adultes

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Sermon sur la montagne : Jour 16 (Matthieu 5.38-42)

Les versets 38-48 se lisent dans le contexte de ne pas résister au méchant. C'est l'attitude de Jésus lui-même sur la croix ! (1Pierre 2.20, Philippiens 2.6-8).


La loi de Moïse, et les interprétations que les scribes en faisaient fourmillaient de détails pour encadrer les réparations en cas de préjudice et les vengeances (Exode 21 et 22, Lévitique 24.20, Deutéronome 19.21, Nombres 35.9-34). Ici Jésus dit : « il n'y a pas de détail, seulement des relations justes ».


C'est là un exemple de ce que Jésus veut dire quand il nous appelle à avoir une justice supérieure à celle des Stèle du Code d'Hammurabipharisiens. La loi du Talion (du latin talis qui veut dire « pareil ») n'était pas aussi cruelle qu'on peut le penser à notre époque. C'était une idée des babyloniens (œil pour œil, dent pour dent se retrouve dans le code d'Hammourabi, roi de babylone aux environs de 1750 avant JC, inscrit sur la stèle en photo, visible au musée du Louvre) pour que les vengeances soient limitées aux préjudices subis, afin de limiter l'escalade de violence. Chez les hébreux, cette vengeance ne devait pas être appliquée par la victime du préjudice, mais par un juge (Deutéronome 19.18). Dans l'Esprit de Jésus on va plus loin ! Jésus supprime la loi, en supprimant le péché qu'encadrait la loi. Si je supprime le droit à la vengeance, je supprime la loi qui encadrait la vengeance. Si je supprime le divorce, je supprime la loi qui l'encadrait, etc...


Pour illustrer ce qu'il veut dire Jésus va utiliser trois « hyperboles » c'est à dire trois images dont le trait est exagéré, qui nécessitent d'être comprises en ayant à l'esprit quelques détails :


Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends lui aussi l'autre.

Et s'il veut te frapper sur l'autre, il est obligé de le faire avec le dos de la main ce qui, si l'on en croit la mishna était à l'époque l'insulte suprême. Jésus nous dit ici : « si quelqu'un t'insulte, même à l'extrême, ne rend pas l'insulte ». Exactement ce qu'il fera en étant sur la croix qui représente à la fois la douleur et la honte suprêmes (Matthieu 27.39-44, 1Pierre 2.23).


Si quelqu'un veut te faire un procès pour te prendre ta tunique, laisse-lui aussi ton vêtement

La tunique était le sous-vêtement, le vêtement servait de manteau, par dessus la tunique, le jour et de couverture la nuit. C'était pour certains tout ce qu'ils possédaient (Exode 22.25-26). C'est ce qui arrivera à Jésus (Matthieu 27.35). Et dans le contexte de la croix, ce passage nous enseigne à ne pas nous battre pour nos droits, mais plutôt pour ceux des autres. En particulier pour le salut spirituel des autres (Matthieu 18.11, Luc 19.10).


Si quelqu'un te réquisitionne pour faire un mille, fais-en deux avec lui.

La réquisition était courante dans les pays occupés. Pour aider les forces d'occupation on réquisitionnait des gens au hasard pour certaines tâches ponctuelles. C'est ce qui est arrivé à Simon de Cyrène en Luc 23.26. Le message est celui-ci : « si on te demande de faire quelque chose d'humiliant, fais-le avec joie » (Colossiens 3.17) ! (1)


Le tout est résumé dans cette phrase radicale et défiante pour nos coeurs d'homme de la société de consommation : Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter quelque chose. Il ne s'agit pas seulement de donner au SDF qui s'approche de nous dans la rue. Mais aussi à toute personne qui a un besoin auquel on peut répondre. Un voisin dans la détresse, un collègue débordé, un patron exigeant, et même un état qui augmente les impôts, etc... les situations pour donner sont si nombreuses ! Mais nous devons toujours garder deux choses à l'esprit :

1/ si en tant que ses disciples nous cherchons à imiter Jésus, nous ne sommes pas aussi fort que Lui. Or on ne peut donner que ce qu'on a. D'où la nécessité de chercher notre force en Dieu (l'exemple ultime est en Matthieu 26.36-43, Luc 22.39-46)

2/ le but est celui d'être des ambassadeurs pour Dieu. Donner pour la gloire de Dieu (Matthieu 7.6). Ce qui peut nous aider à faire des choix, quand on ne sait plus ou donner de la tête, quand on se sent débordé ou trop sollicité.


Questions pour méditer et mettre en pratique :

- Qu'est-ce qui me ferait le plus mal ? Si quelqu'un me faisait ce mal que ferai-je ?

- Quand on m'humilie, comment est-ce que je réagis ? Comment est-ce que je peux travailler pour supporter cela ?

- Pour qui est-ce que je me bats en ce moment ? Est-ce que je vis pour moi ou pour mon conjoint, mes enfants, mes frères et soeurs, mes amis ?

- Nous ne vivons plus dans un pays occupé. Justement est-ce que je me soumets aux autorités ? Est-ce que je paie mes impôts sans tricher ? Est-ce que je respecte les lois ? Est-ce que je critique les autorités ou est-ce que je prie pour elles ?

- Suis-je connu pour être quelqu'un de généreux ? de serviable ?

- Où est-ce que je cherche ma force pour aimer ?

- Comment est-ce que je gère mes priorités quand je veux donner et que les besoins dépassent ce que je peux donner ?

 

 


Notes :

(1) Cela pose la question de la résistance à l'oppresseur. On peut tout à fait respecter même un oppresseur tout en lui résistant si on estime qu'il agit selon l'injustice. Jésus ne résistait pas ouvertement aux romains (Matthieu 22.21 par exemple). Il ne se proccupait que de faire la volonté de Dieu. Il aurait certainement approuvé ceux qui cachaient des juifs pendant l'occupation Nazi. Et pendant cette période, il aurait certainement été torturé comme fauteur de trouble, tout comme il le fut à l'époque romaine. Probablement aurait-il été dénoncé par des collaborateurs... On peut imaginer beaucoup de choses, mais Jésus aurait été un résistant, pour gagner des âmes à Dieu, pas seulement pour libérer son pays.

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