Catéchisme en ligne pour adultes
Cette assurance tranquille sur le salut issu de la "christianisation" de la société sera secouée par différentes volontés de
réforme témoignant d'une conscience de l'imperfection du système.
→ Réforme Carolingienne (1), VIIIe/IXe s.
→ Réforme Grégorienne (2) (à partir de Léon IX, mais tirant son nom de Grégoire VII, 1073-1085)
Face à la menace du Catharisme, une "hérésie" qui prit de l'ampleur dans le sud de la France, certains moines comprennent qu'on
ne peut pas prêcher l'évangile du haut d'une chaise à porteur dans une robe tissée d'or (comme le légat du Pape venu demander aux cathares de renoncer à leur doctrine). Dominique de Guzman et
François d'Assise, fonderont, avec des styles et des objectifs différents, des ordres mendiants (3) pour apporter l'évangile au plus proche du peuple.
Mais pour réformer l'Eglise on utilise la théologie qui devient un instrument quasi juridique :
- On voit fleurir des canonistes, décrétistes et autres fonctionnaires d'une curie romaine occupés à clarifier par le droit canon (droit de l'Eglise) les droits et prérogatives de chacun dans la
société
- Se développe la prédication du jugement par lequel sera pesé ce que les hommes auront fait de bien et de mal. La foi ne suffira plus, ni le baptême, ni la protection des saints, ni la prière
des moines, il faudra encore à l'homme accumuler des mérites reconnus par l'Eglise.
- Un autre pôle de croyance se développe : le purgatoire (3) qui induit la multiplication des messes (payantes) dites à
l'intention des défunts.
- On institue les indulgences monnayées
- etc.
Dès lors, certains chrétiens (Erasme étant le plus connu) dénoncent une multiplication des actes de dévotion qui fait perdre de
vue les aspects essentiels du christianisme. Ces interrogations conduiront à ce que les historiens appellent "la réformation" (pour différencier de "réforme", car on ne peut pas dire que l'Eglise
ne se réformait pas).
Notes
(1) La majeure partie de la population étant christianisée Rois et évêques tentent de mettre en harmonie les institutions politiques et religieuses. Mais le résultat fut l'affirmation du pouvoir et de la richesse des deux classes dirigeantes.
(2) Certains dirigeants de l'Eglise d'occident vont se rendre compte de cela et prôner un retour à l'idéal évangélique. Grégoire VII, premier évêque de Rome qui porte officiellement le nom de Pape, entend lutter contre la simonie (achat des charges ecclésiastiques) et le nicolaïsme (mariage des prêtres, jusque là accepté).
(3) Les ordres mendiants se multiplieront au moyen-êge, témignant d'une volonté de retour à la vérité évangélique. Mais leur
foisonnement posera un certain nombre de problème conduisant les autorités de l'Eglise à en limiter le nombre et à interdire ceux jugés les plus "louffoques".
(4) C'est Hildebert de Tours qui utilise le premier le mot purgatoire dans le sens que lui donne (encore aujourd'hui) la théologie catholique. Mais la notion existe dès Grégoire de Nysse (mort en 394).