Catéchisme en ligne pour adultes
A la fin du Moyen-Age, le clergé est sous pression : il doit être exemplaire. D'autant que le reste des fidèles est de plus en plus considéré comme chrétiens de seconde zone (il suffit de conidérer la rareté des canonisations de laïcs jusqu'au XIXe siècle). La pression pour la sainteté génère chez les fidèles une inquiétude constante : vais-je y arriver ?
Un certain nombre de voix (P. Valdo à Lyon, J. Wycliff à Oxford, J. Hus à Prague, J. Savonarole à Florence... pour ne citer que
les plus connus) s'élèvent pour remettre en cause le système religieux qui propose aux croyants de « gagner » le paradis par leurs oeuvres de piété religieuse. Mais ces voix seront étouffées
jusqu'à ce qu'un certain moine, Martin Luther, dans un contexte favorable (soutien politique, invention récente de l'imprimerie...), puisse passer au travers de la répression. Melanchton,
Zwingli, Calvin, Farel, et beaucoup d'autres vont donner très rapidement une assise théologique au protestantisme (surtout Calvin avec son oeuvre majeure : "L'institution de la Religion
Chrestienne").
Mais si les réformateurs s'opposaient à l'Eglise Catholique ils s'opposaient aussi entre eux ce qui aboutit au final à
:
- La confessionnalisation (formation d’une pluralité religieuse à partir de la Réforme) et non à l'unité : non seulement plusieurs églises se forment, mais chaque état
a sa religion "obligatoire".
- Des actes de répression (1).
- Un schisme permanent : l'un des principes du protestantisme étant "ecclesia semper reformanda" (l'Eglise doit se réformer en permanence), cela devient un prétexte pour fonder une
église à chaque fois que quelqu'un n'est pas d'accord.
Les réformateurs eux aussi voulaient christianiser la société. Cette fois, du-moins le pensaeint-ils, pour de bon !
(pensant faire mieux...).
Mais c'est là leur erreur : les réformateurs n'ont pas changé de modèle d'Eglise. Or, si l'on analyse bien le message évangélique, Jésus n'est pas venu christianiser la société : peu importe que l'Etat soit ou non
chrétien. Le Christ est venu avec une radicale nouveauté : ce qui compte c'est la relation de chaque homme (et non de la
société) avec Dieu.
Il fallait probalement que l'Eglise prenne un virage, mais il n'a pas été pris jusqu'au bout. C'est à bon droit finallement que
lors du concile de Trente (ville italienne) en 1545, l'Eglise Catholique trouvera beaucoup d'arguments pour rejeter la réformation et même en prendre le contrepied en ré-affirmant haut et fort un
certain nombre de dogmes contestés par les réformateurs.
Notes
(1) parmi les plus connus on peut citer :
- le massacre des anabaptistes à Zurich par les Zwiglo-calvinistes (après 1525, Zwingli, d'abord partisan d'un re-baptême adulte, se range, en cédant à la pression, derrière la
position calviniste dominante)
- l'affaire Michel Servet à Genève (1553)