Catéchisme en ligne pour adultes
I- CHRISTIANISATION
a- le premier siècle
Jésus a initié un mouvement, ultra-minoritaire et exclusivement juif à ses débuts. Après lui, sous l'impulsion des apôtres dont on n'a finalement peu de traces historiques si ce n'est (un peu) pour Pierre et (beaucoup) pour Paul, mais aussi sous l'impulsion d'évangélistes de langue grecque (Etienne ou Philippe), la doctrine chrétienne va atteindre les juifs de langue grecs puis les non-juifs.
Contrairement à ce qu'on pense, le christianisme primitif n'est pas uni. Mais il n'est pas non plus désuni ! Après 30 ou 40 ans d'existence il est juste éparpillé en divers courants que pour simplifier nous pouvons représenter selon le schéma suivant :

En 70, lors de ce qu'on appelle la première guerre des juifs, le temple de Jérusalem, le centre du monde pour les juifs, est détruit par les romains. Les juifs sont expulsés de Jérusalem. Le judaïsme doit se réorganiser : il va se recentrer sur ce qui lui reste : la Torah (loide Moïse), et devenir le judaïsme rabbinique.
Ce choix entraine l'accélération de l'expulsion des chrétiens hors des synagogues : à la fin du premier siècle la séparation est complète.
Les chrétiens vont alors se tourner vers les païens à l'instar de ce qu'avait déjà initié Pierre puis expérimenté Paul : les villes d'Antioche, d'Ephèse, puis Rome et Alexandrie voient le nombre de chrétiens se multiplier. Mais le christianisme rest d'abord urbain.
C'est dans ce contexte que s'élaborent entre 41 et 100 au plus tard les documents du Nouveau Testament.
b- les deuxième et troisième siècles
En prenant de l'ampleur le christianisme doit faire faceà des divergences doctrinales qui vont, paradoxalement, l'aider à se regrouper (même si ce n'est pas le seul facteur de regroupement).
Au deuxième et troisième siècles, face au gnosticisme, au manichéisme, au marcionisme, puis à l'arianisme, qualifiés d'hérésies, émerge ce que les historiens appellent « la Grande Eglise », bien que toujours illégale (religio illicita) et parfois persécutée (refusant le culte de l'empereur).
Ce mouvement d'unification est déjà perceptible au premier siècle dans l'évangile de Jean (~90).