Catéchisme en ligne pour adultes
On a vu que Job est paradoxal :
- d'un coté il condamne le système de rétribution
- d'un autre coté il l'utilise quand même pour sa réflexion sur Dieu
Ce qui l'amène à l'image d'un Dieu pervers à laquelle il aboutissait : et auquel il voulait faire un procès.
La critique de ce système de pensée est la clé principale de compréhension du poème pour
le lecteur ! Faire sortir Job de cette façon de penser c'est vouloir en faire sortir le lecteur, c'est à dire vous et moi !
En quoi est-ce que la rétribution nous concerne ?
Dans le contexte de Job, la rétribution est une récompense pour une vie vertueuse : il s'agit d'une bonne santé, d'une longue vie, des enfants, la
richesse...
Dans notre contexte, cela peut être aussi la richesse, la réussite
professionnelle, talents etc...
Certaines églises ne se privent pas de prêcher cela ! (Prosperity Theology, note 2)
Mais dans un contexte
religieux, on peut inventer d'autres types de récompenses : celles que mériterai notre foi :
- Si ma foi est grande je ferai des miracles
- Si ma foi est grande je vais convertir beaucoup de gens
- Si je prie plus... Si je jeûne plus... Si je vais plus au culte... Si je donne plus...
Alors Dieu donnera plus ?
Dieu ne donne pas en fonction de ce que nous donnons !
Il donne le 1er car il aime le 1er : il nous a déjà donné tout ce dont nous avons spirituellement besoin
c'est-à-dire Jésus (Eph 1, Jn 14.19). Et tout le reste il le donne aussi par dessus (Mt 6.33) : Comme le disait Luther : "Les pécheurs sont beaux parce qu’ils sont
aimés, ils ne sont pas aimés parce qu’ils sont beaux" (note 1).
Dans la théologie de la rétribution il n'y a pas d'amour, il y a un contrat : tu fais ça, je te donne ça.
Dans la théologie de la grâce, ce que nous donnons doit venir de notre reconnaissance : plus j'ai de reconnaissance pour l'amour
de Dieu et plus je prie, plus je donne, plus je jeûne, plus je vais au culte, plus je m'implique, plus je prend des responsabilités...
Cela pose la question des systèmes ou des traditions (Mc 7) que nous construisons :
Le système de rétribution = projeter sur Dieu un comportement humain.
Pourtant c'est souvent ainsi que nous pensons, et nous devons dépasser cela.
Les écritures nous expliquent que nous sommes créés à l'image de Dieu, et non l'inverse.
Nous devons construire une église à l'image de Dieu
Nous ne devons pas avoir une image de Dieu qui corresponde à notre Eglise !
Questions pour méditer :
- Comment est-ce que le système de rétribution influence-t-il ma façon de penser ?
- Comment en sortir ?
- Pourquoi Dieu m'aime-t-il ?
1 L’amour de Dieu ne trouve pas préalablement son objet, mais le crée ; l’amour
de l’homme est créé par son objet. La seconde partie est évidente et on la trouve chez tous les philosophes et les théologiens. Car l’objet est la cause de
l’amour, si l’on affirme avec Aristote que toute puissance de l’âme est passive, matière, et que c’est en recevant qu’elle agit ; par là déjà, Aristote atteste que sa philosophie est opposée à la
théologie, puisqu’elle recherche en toutes choses ce qui lui est propre et reçoit le bien plutôt qu’elle ne le donne. La première partie de l’affirmation est évidente, car l’amour de Dieu, vivant
dans l’homme, aime les pécheurs, les mauvais, les insensés, les faibles, de telle sorte qu’il les rend justes, bons, sages, forts ; ainsi, il répand plutôt et confère le bien. Car, en effet, les
pécheurs sont beaux parce qu’ils sont aimés, ils ne sont pas aimés parce qu’ils sont beaux. Au contraire, l’amour de l’homme fuit les pécheurs, les misérables. Ainsi le Christ : « Je ne suis pas
venu appeler les justes, mais les pécheurs. » [Mt 9,13] Voilà l’amour de la Croix, né de la Croix, qui ne se transporte pas là où il trouve le bien dont il pourrait jouir, mais là où il donne le
bien au mauvais et à l’indigent. « Il y a en effet plus de bonheur à donner qu’à recevoir », dit l’apôtre. De là le psaume 41 [v. 2] : « Heureux celui qui a de la compréhension pour le pauvre et
l’indigent. » Et pourtant, l’objet de l’intelligence ne peut pas être naturellement ce qui n’est rien, c’est-à-dire le pauvre et l’indigent, mais ce qui a l’être, ce qui est vrai, ce qui est
bien. C’est pourquoi elle juge selon l’apparence, et prête attention au personnage de l’homme, et juge selon les choses que l’on voit bien, etc.
LUTHER, Controverse tenue à Heidelberg, mai 1518, thèse 28
dans Martin LUTHER, OEuvres, vol. 1, éd. Marc Lienhard et Matthieu Arnold,
Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1999, p. 185
2 Les principaux prédicateurs de la
prospérity theology aux états unis sont : Kenneth Copeland, Creflo Dollar (porte bien son nom !), John Hagee, Kenneth Hagin, Benny Hinn, T. D. Jakes, Dennis Leonard, Joyce Meyer, Joel Osteen,
Lester Sumrall. Vous pouves les googueliser et voir leur prédication ! Même "TopChrétiens" se fait un relai de leurs prédications.