Catéchisme en ligne pour adultes
L’épître aux Romains (1,18) parle de la colère de Dieu qui se révèle depuis le ciel contre toute l'impiété et l'injustice des gens qui tiennent la vérité captive dans l'injustice... Mais il faut remarquer qu'il y a autre chose qui se révèle au v17 c'est la justice de Dieu, en vertu de la foi dans la bonne nouvelle (v16).
Il y a donc un lien fort entre justice révélée dans la bonne nouvelle (et non justice humaine) et colère révélée dans le ciel.
D'après le v17 la justice ne s'obtient pas en étant bon ou gentil, mais elle s'obtient par la foi. On peut en conclure que la colère de Dieu est liée à l'incrédulité (manque de foi). Pourquoi ? Parce-qu'en contemplant la nature (et aujourd’hui nous avons des outils encore plus performants qu'à l'époque pour la contempler) on peut savoir qu'il y a un Dieu. Ce n'est pas encore la foi mais un premier pas vers elle en ce sens que la contemplation de la création devrait nous pousser à vouloir en savoir plus sur Dieu, à chercher Dieu, à travers la bonne nouvelle (dont parle Paul aux v16-17).
Celui qui s'en arrête à la contemplation de la nature sans aller plus loin a toute les chances de ne pas comprendre qui est Dieu s'il ne va pas chercher plus loin dans l'Evangile (la bonne nouvelle) c'est à dire en Jésus-Christ (Jean 1,18 ; 14,6 ; etc.). Il est alors passible de la colère de Dieu, car ne cherchant pas à connaître qui est l'auteur de la création, il raisonne autrement pour justifier de ce qui existe (cf v28). Et dans son raisonnement, il va adorer, et s'extasier devant la création et les créatures plutôt que devant le créateur. C'est ce que fait la philosophie.
Paul au v24 dit que Dieu les a « livrés à l'impureté par les désirs de leur cœur ». Cette phrase qui peut paraître agressive, veut simplement dire que Dieu les a laissé être libre de faire ce qu'ils veulent ; il les a laissé se perdre dans les méandres de la pensée. Il les a laissé s'auto-mutiler spirituellement, ce qui a même des conséquences physiques sur leur propre corps. Même idée aux v26 à 28.
De la même manière, lorsque l'évangéliste Jean (celui qui écrit le texte) fait un commentaire de transition entre l'oeuvre missionnaire de Jésus et son dernier repas avec ses disciples : il dit ceci : « Malgré tous les signes qu'il avait produits devant eux, ils ne mettaient pas leur foi en lui, 38 de sorte que soit accomplie la parole du prophète Esaïe, qui a dit : Seigneur, qui a cru ce qu'il nous a entendus dire ? Et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ? 39 S'ils ne pouvaient pas croire, c'est qu'Esaïe a encore dit : 40 Il a rendu leurs yeux aveugles et leur cœur obtus, pour qu'ils ne voient pas avec leurs yeux, qu'ils ne comprennent pas avec leur cœur et qu'ils ne fassent pas demi-tour : je les aurais guéris ! 41 C'est ce qu'a dit Esaïe, parce qu'il a vu sa gloire et qu'il a parlé de lui ».
Peut on raisonnablement penser que Dieu aveugle les gens quand par ailleurs il veut que tous les hommes soient sauvés(1Timothée 2,4) ? Soit on identifie là un mystère divin impénétrable issu de la souveraineté d'un Dieu incompréhensible qui nourrit de la colère à cause de l'aveuglement de ceux qu'il a lui-même aveuglé, soit on creuse un peu.
La première citation de l'évangéliste est issue d'Esaïe 53 qui parle du serviteur souffrant rejeté, que personne n'a cru. On ne peut comprendre la deuxième citation (Esaïe 6) sans prendre en compte la première : les gens attendaient un messie guerrier ou politique (souvent les deux allaient ensemble) qui les délivrerait de l'oppression romaine et qui rétablirait un royaume pour Juda et Israël. Dieu leur a envoyé un messie souffrant dont le dessein s'accomplit dans la faiblesse. Et cela les a aveuglé : ils sont passés à côté du messie de Dieu parce que Dieu ne pensait pas comme eux.
Ainsi, que ce soit dans l'épître aux Romains ou dans l'évangile de Jean, la colère de Dieu nous « livre » à notre liberté. Cette interprétation de la colère de Dieu peut paraître trop « philosophique » à certains, mais elle exprime que nous avons le choix : soit nous le suivons, et nous savons où nous allons, avec un certain cadre1 insupportable pour certains ; soit nous sommes livrés à nous-mêmes avec la lourde responsabilité de devoir chercher un sens à notre vie. La colère ne correspond donc pas à ce qui peut nous arriver lorsqu'on vit sans Dieu, mais à l'absence de grâce2, et ce à cause de nous-mêmes qui la refusons (Exemple : Actes 13,46) comme nous refuserions une main tendue alors que nous sommes prêts à tomber dans un gouffre (que de plus, nous aurions creusé nous-mêmes !).
En Romains 1,32 le juste décret de Dieu, est celui de la colère qui nous « livre » à la mort. Une mort que nous choisissons quand nous préférons nous aimer nous-mêmes au détriment des autres (cf les péchés des v29-31 très auto-centrés). La même mort qu'avaient choisi Adam et Eve : la mort spirituelle, la séparation d'avec Dieu dans leur désir d'être dieux sans Dieu.
Autant la transition entre le v17 et le v18 de Romains 1 était abrupte autant l'est celle entre les chapitres 1 et 2. Nous sommes appelés à laisser la colère à Dieu. Nous n'avons pas le droit de juger les pécheurs, car en jugeant nous devenons pécheurs nous-même. Tout le chapitre 2 est une diatribe contre l'hypocrisie religieuse qui consiste à mettre sa confiance dans la religion plutôt qu'en Dieu. Les chapitres suivants nous donnent les éléments nécessaires à cette relation que Dieu désire tant avec nous : foi3, repentance4, baptême5.
La grâce n’éteint pas la colère. Celle-ci existe toujours, et est destinée à ceux qui refusent la grâce (cf article 2 sur la volonté de Dieu) dont le but n'est pas de couvrir nos péchés, mais de nous transformer, comme on transforme un bloc de pierre brute en une sculpture raffinée. Elle a pour but de nous sortir de notre condition d'homme charnel et nous faire devenir spirituels. Nous n'avons pas à craindre la colère avant le jour du jugement. Et au jour du jugement, il n'y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8,1) si on est en Jésus-Christ selon ce que Paul a expliqué aux chapitres précédent.
En conclusion de ces neufs articles qui nous ont fait méditer sur la colère mais aussi sur la jalousie, le pardon et le jugement de Dieu, nous pouvons donc dire de manière simple que Dieu a fait sa part, il a donné son fils, il a payé la rançon, il a ouvert une porte dans notre prison : à nous d'en sortir. Finalement tout est accompli (Jean 19,30) : il n'y a plus qu'à choisir entre la colère ou la grâce. Nous avons qu'une vie pour le faire.
Questions pour méditer :
- Est-ce que je comprends que ce que Dieu révèle dans la nature n'est pas la même chose que ce qu'il révèle dans l'Evangile ?
- Est-ce que je comprends que contempler la nature me dit des choses sur Dieu qui ne me suffisent pas pour le connaître ?
- Est-ce que je comprends que Dieu n'aveugle personne mais que c'est moi qui m'aveugle tout seul ? (cf Jean 9) – Qu'est-ce qui peut me redonner la vue spirituelle ?
- Comment accepter la grâce de Dieu ?
- Quelle conséquence devrait avoir mon acceptation de a grâce ?
- A quoi suis-je livré ?
Notes :