Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Catéchisme en ligne pour adultes

Publicité

Salut 3 – 1ère question : où est le pardon de Dieu ?

S'il est nécessaire que Jésus (le Fils) paye à Dieu (le Père) notre dette envers lui, c'est que le pardon de Dieu est conditionné à une compensation. Mais est-ce vraiment du pardon ? Cela ressemble plutôt à du commerce. C'est d'ailleurs pourquoi la théologie de la satisfaction a aussi été appelée, ironiquement, "théologie de comptoir".


Matthieu 18,21-27 nous enseigne à pardonner comme Dieu nous pardonne, et à pardonner gratuitement. Dans cette parabole, Dieu pardonne gratuitement et complètement juste parce que l'esclave le lui demande.

En Luc 15,11-32 quand le fils prodigue revient vers son père, le père ne demande aucun remboursement à son fils et il l'accueille chaleureusement, et en grande pompe. Dieu ne demande rien à celui qui vient avec une attitude de repentir.

VENGEANCE.pngDans la suite de la parabole de l'esclave impitoyable, en Matthieu 18,28-35 on s'aperçoit que l'esclave qui a été pardonné, ne pardonne pas son compagnon. Quelle est alors la réaction du Maître ? Il revient sur sa décision.

Or si la dette avait été compensée, payée, alors il n'aurait pas été juste de la part de Dieu de revenir sur une dette remboursée, quelle que soit l'attitude de l'esclave. On découvre donc à travers les paraboles de Jésus que le pardon de Dieu n'est pas un pardon légal, mais un pardon de compassion, un pardon d'amour.

Le pardon de Dieu est gratuit. Il ne s'obtient que parce que Dieu est bon, pas parce que quelqu'un, fusse-t-il son propre fils, compense le préjudice subit. Dieu ne demande aucun dommages et intérêts.

Mais s'il est gratuit, le pardon de Dieu n'est pas inconditionnel (note 1) : il demande humilité, et imitation. C'est à dire que Dieu s'attend à ce que nous fassions comme Lui : pardonner gratuitement et promptement à ceux qui nous le demandent (cf Luc 11,4 ; Matthieu 6,12). Dieu ne demande rien en retour pour lui, il demande un retour pour les autres.

Si Dieu exigeait une compensation pour les péchés, alors ces paraboles ne pourraient pas décrire le cœur de Dieu. Et finalement, en nous demandant de pardonner gratuitement, alors que Lui ne le ferait pas, Dieu nous demanderait plus que ce qu'il ne fait lui-même !

La théologie de la satisfaction ne donne pas l'image d'un Dieu qui pardonne, ni d'un Dieu qui donne l'exemple. Elle donne l'image d'un Dieu... païen !

Questions pour réfléchir et méditer :
- Imaginez la vie dans l'Eglise si nous devions pardonner comme Dieu pardonne et que Dieu exigeait une compensation pour pardonner nos fautes. Nous devrions donc pardonner seulement ceux qui réparent les fautes commises contre nous...
- Y-a-t-il des moments ou je ressemble à cet esclave impitoyable suppliant Dieu d'un côté, mais accumulant des choses contre mes compagnons de l'autre ?
- Comment dois-je m'y prendre pour obtenir le pardon de Dieu ?
- En quoi il serait plus facile pour nous d'obtenir le pardon de Dieu avec une compensation par la mort de Jésus ?

 


note :

1- Dieu ne met pas de condition à son pardon. Il pardonne, mais encore faut-il accepter ce pardon. Les conditions viennent donc de celui qui reçoit et non de Dieu qui donne le pardon.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Salut Pierre-Louis,<br /> J'ai partagé mes réflexions à un ami sur ce sujet et il m'a rappelé Esaïe 53.5 Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui,<br /> Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. 6 Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie; Et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous.<br /> J'ai aussi pensé à cet échange entre Moïse et Dieu en Exode 33.20 L'Éternel dit: Tu ne pourras pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre.<br /> Il semble que la Théorie de la rançon n'apporte pas toutes les réponses. Moïse était justifié au même titre qu'Abraham par sa foi mais il n'en demeure pas moins qu'il ne peut voir la face de Dieu<br /> et survivre. Une pièce du puzzle manque pour qu'il y ait une parfaite sanctification au point où Moïse puisse voir Dieu sans mourir.<br /> Sur le point du pardon gratuit je pense que la théorie de la satisfaction n'est pas en désaccord avec cette notion dans la mesure ou Dieu paye lui même l'addition, même si c'est son fils, il n'en<br /> reste pas moins que c'est Dieu lui-même:<br /> Si on a commis un délit et qu'un juge nous condamne c'est simplement parce qu'il applique la justice. S'il n'applique pas la justice, quelle qu'en soit la raison on dira qu'il est injuste et<br /> condamnable lui-même. Si ensuite ce même juge paye l'amende, à laquelle il nous condamné, à notre place c'est parce qu'il nous aime. Ainsi on peut dire que la théorie de la satisfaction n'est pas<br /> en désaccord avec le pardon gratuit, elle réconcilie la justice de Dieu avec son amour.<br /> J'ai commandé Christus Victor de Gustaf Aulén qui expose une théorie sur l'expiation quelque peu différente de la sanctification et de la rançon. Il s'appui apparemment sur Irénée de Lyon qui pose<br /> le point de départ ainsi: Pourquoi le Christ est-il venu, descendu sur la terre ?<br /> A bientôt<br /> Pierre
Répondre
E
<br /> <br /> En fait les deux théories sont bibliquement justifiables. C'est pourquoi elle peuvent s'opposer si fortement. Ce qui pour moi fait la différence c'est que globalement la théorie de la rançon au<br /> mal est celle soutenue par les Pères anténicéens, et que le théorie de la satisfaction n'a vraiment prévalue qu'à partir du 12e siècle.<br /> <br /> <br /> Quant à voir Dieu je ne suis pas sur que cela soit une question de péché, mais plus une question ontologique c'est à dire que nous ne sommes pas faits pour voir Dieu, nous ne pouvons que<br /> contempler sa gloire à travers la création, la nuée, les miracles, le Christ... En gros on ne peut pas acceder à Dieu lui-même car nous n'aurions plus de liberté d'accepter ou refuser son amour,<br /> et nous serions obligé de nous soumettre, ce qui tuerai ce qui fait de l'homme un être à part : un être capable d'avoir une relation avec Dieu.<br /> <br /> <br /> <br />